Dans un contexte de diversification des sources de financement et d’optimisation des conditions d’endettement, le Cameroun poursuit activement son programme de mobilisation de ressources sur les marchés financiers internationaux. Après une première opération couronnée de succès en début d’année, les autorités camerounaises envisagent désormais de s’appuyer sur des garanties apportées par des institutions financières africaines afin de lever de nouveaux financements à des conditions plus favorables.
Le 28 janvier 2026, à Londres, le Cameroun a réalisé une émission obligataire privée d’un montant de 750 millions de dollars, soit environ 415 milliards FCFA, marquant une avancée significative dans la stratégie de financement externe du pays. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un objectif annuel fixé à 1 000 milliards FCFA à mobiliser sur les marchés internationaux pour le financement du budget de l’État.
Selon Samuel Tela, directeur de la Trésorerie, qui s’exprimait sur les antennes de la CRTV, cette levée de fonds ne constitue qu’une première étape. Il reste encore 585 milliards FCFA à mobiliser afin d’atteindre la cible définie par les autorités publiques.
Pour optimiser les conditions de ces futures opérations, le gouvernement camerounais entend désormais recourir à des mécanismes de garantie fournis par deux institutions financières panafricaines de premier plan : la Banque africaine de développement et ATIDI (African Trade and Investment Development Insurance). Ces deux entités disposent d’une notation jugée solide par les investisseurs internationaux, ce qui constitue un levier stratégique pour améliorer la perception du risque souverain et réduire le coût du financement.
Cette démarche s’inscrit, selon Yaoundé, dans une logique de gestion active de la dette publique. Lors de la dernière émission obligataire, le Cameroun a dû consentir un rendement de 7,79 %, un niveau relativement élevé dans un contexte international marqué par la remontée des taux d’intérêt et une perception accrue des risques sur les marchés émergents. L’obtention de garanties partielles pourrait ainsi permettre de réduire la prime de risque exigée par les investisseurs et, par conséquent, d’alléger la charge financière associée aux nouveaux emprunts.
En rappel, le président Paul Biya a autorisé la mobilisation d’un montant global de 1 650 milliards FCFA destiné à soutenir les investissements publics et à assurer le règlement des engagements financiers de l’État. La stratégie de mobilisation de ces ressources repose sur une diversification des canaux de financement. Ainsi, 400 milliards FCFA devraient être levés sur le marché domestique, 250 milliards FCFA via des prêts bancaires, tandis que 1 000 milliards FCFA seront recherchés sur les marchés financiers internationaux.
Par Léon Yougbaré


