Les marchés pétroliers restent sous forte pression alors que la fermeture effective du détroit d’Ormuz continue d’alimenter les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial. Dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques, les prix du pétrole poursuivent leur progression, portés par les craintes d’une perturbation durable du commerce énergétique international.
La référence mondiale du brut, le Brent, a bondi jusqu’à 3 % dimanche pour franchir la barre des 106 dollars le baril avant de se stabiliser légèrement. Aux premières heures de la journée de lundi, le baril de Brent s’échangeait encore à 104,63 dollars, enregistrant une hausse d’environ 1,5 %.
Cette nouvelle poussée des cours intervient alors que le président américain Donald Trump multiplie les appels à la mobilisation internationale pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime stratégique assure habituellement le transit d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Washington souhaite que plusieurs puissances économiques participent à la sécurisation de cette route maritime. Mais pour l’instant, l’initiative américaine n’a suscité qu’une réaction limitée. Les pays sollicités par les États-Unis, notamment la Chine, le Japon, la France et le Royaume-Uni, ne se sont pas engagés publiquement à déployer leurs marines pour sécuriser le détroit.
Dans un entretien accordé dimanche au Financial Times, Donald Trump a mis en garde contre les conséquences d’un manque de soutien international. Selon lui, l’OTAN pourrait avoir un avenir « très mauvais » si sa proposition ne reçoit « aucune réponse ou une réponse négative ».
Certains partenaires ont déjà affiché leur prudence. Le Japon et l’Australie ont indiqué lundi qu’ils n’avaient pas l’intention d’envoyer des navires dans cette zone stratégique pour le commerce énergétique mondial.
La crise actuelle trouve son origine dans la paralysie de la navigation dans le détroit d’Ormuz par l’Iran, en représailles aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre le territoire iranien. Cette situation a provoqué ce que l’Agence internationale de l’énergie qualifie déjà de plus grande perturbation de l’histoire des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Depuis le début de la guerre, les prix mondiaux du pétrole ont grimpé de plus de 40 %. Une hausse qui se répercute directement sur les prix des carburants et renforce les inquiétudes d’un ralentissement de l’économie mondiale.
Les données du centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO) illustrent l’ampleur du blocage. Depuis le déclenchement du conflit, pas plus de cinq navires ont traversé quotidiennement le détroit, contre une moyenne historique d’environ 138 transits par jour.
La région est également devenue une zone à haut risque pour la navigation commerciale. Selon l’UKMTO, au moins 16 navires marchands ont été attaqués dans la zone depuis le début de la guerre le 28 février.
Face à cette situation, Donald Trump affirme être prêt à déployer la marine américaine pour escorter les navires commerciaux dans le détroit si nécessaire. Cette voie maritime est bordée par l’Iran, Oman et les Émirats arabes unis, ce qui en fait un point névralgique du commerce énergétique mondial.
Par Drissa Ouattara


