RDC : la reforme sur la fourniture des sociétés minières en produits pétroliers fait bondir de 1 560% les recettes fiscales issues du secteur pétrolier

La République démocratique du Congo vient d’enregistrer une percée remarquable dans la mobilisation de ses ressources fiscales, grâce à une réforme ciblée du circuit d’approvisionnement en produits pétroliers des sociétés minières. L’information a été donnée le lundi 8 septembre par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko.

Depuis juillet 2025, les entreprises du secteur minier sont désormais tenues de s’approvisionner exclusivement en carburants sous douane, avec obligation de déclaration et de paiement intégral des taxes et droits applicables. Cette réforme, aussi simple que stratégique, a permis de faire passer les recettes fiscales issues de ces transactions de 4 milliards à 63 milliards de francs congolais par mois, soit une hausse spectaculaire de 1 560 % en l’espace de deux mois.

Au-delà de cette performance, le gouvernement entend redéfinir les règles du jeu dans un secteur longtemps opaque. La réforme poursuit quatre objectifs essentiels. Il s’agit de mettre fin à l’inclusion injustifiée des sociétés minières dans le dispositif des subventions pétrolières, de renforcer la transparence grâce à l’usage de marqueurs spécifiques pour les carburants destinés à l’industrie minière, de prévenir les détournements de fonds publics et de réorienter les aides vers les véritables consommateurs finaux, à savoir les ménages.

« Les entreprises doivent payer le prix juste. Les subventions ne doivent pas leur profiter », a insisté Daniel Mukoko, soulignant le caractère équitable et structurel de cette réforme. Celle-ci s’inscrit dans une dynamique plus large de gouvernance rigoureuse des finances publiques, dans un contexte où l’efficacité de la collecte fiscale devient un levier essentiel de souveraineté économique. Cette évolution positive témoigne également de la volonté de l’État de rationaliser ses dépenses tout en sécurisant ses recettes domestiques.

Fort de cette première avancée, le gouvernement congolais prévoit d’appliquer cette approche à d’autres secteurs à fort potentiel fiscal. Selon le ministre de l’Économie, des audits similaires seront prochainement menés dans le transport aérien et les télécommunications, dans le cadre d’un plan d’assainissement global visant à combattre la fraude, à élargir l’assiette fiscale et à renforcer la discipline budgétaire.

À travers cette réforme et celles à venir, l’exécutif envoie un signal clair : celui d’une gouvernance plus transparente, plus juste et plus orientée vers l’intérêt général. Pour la RDC, cette montée en puissance de la fiscalité minière marque un tournant vers une gestion publique plus performante, capable de faire face aux défis économiques avec rigueur, responsabilité et résilience.

Par Leila Toé

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