Ghana : Les réserves d’or chutent à 18,6 tonnes à fin décembre 2025.

La Banque du Ghana a enregistré une baisse spectaculaire de ses réserves d’or à la fin de l’année 2025. Selon le résumé des données économiques et financières publié le 28 janvier 2026, le stock d’or détenu par la banque centrale est tombé à 18,6 tonnes en décembre, contre 38,04 tonnes en octobre, soit une perte de près de la moitié en l’espace de deux mois.

Cette chute marque un tournant dans la gestion des actifs aurifères du pays. Après avoir fortement accumulé de l’or dans le cadre du Programme national d’achat d’or, la banque centrale semble avoir fait le choix de mobiliser une partie de ses réserves pour répondre à des impératifs macroéconomiques immédiats, notamment la stabilisation du cedi et la gestion de la liquidité intérieure.

Une partie de l’or accumulé a ainsi été utilisée au dernier trimestre 2025 pour alimenter le marché interbancaire en devises. Cette stratégie a contribué à soutenir la monnaie nationale et à renforcer le processus de désinflation engagé depuis plusieurs mois. À la fin de l’année, l’inflation est retombée à 5,4 %, un niveau nettement inférieur à celui observé un an plus tôt, même si cette amélioration s’est accompagnée d’une contraction des stocks d’or physique.

Malgré cette baisse, les réserves actuelles restent supérieures aux 8,78 tonnes détenues début 2023. La trajectoire observée à fin 2025 met toutefois en lumière le double rôle de l’or dans la stratégie économique du Ghana, à la fois réserve de valeur de long terme et instrument de stabilisation à court terme.

Cette évolution intervient dans un contexte de réorganisation du secteur aurifère. Le Ghana Gold Board, GoldBod, s’apprête à prendre en 2026 le contrôle opérationnel complet du commerce national de l’or. En 2025, l’organisme a déclaré plus de 10 milliards de dollars de revenus issus de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, un segment clé mais régulièrement critiqué pour ses coûts et son encadrement financier.

Dans son examen de 2025, le Fonds monétaire international a pointé des pertes quasi fiscales estimées à 214 millions de dollars liées aux marges de négociation et aux charges opérationnelles des programmes aurifères. L’institution a recommandé que ces coûts soient désormais pris en charge par le budget de l’État, afin de préserver les fonds propres de la banque centrale et d’améliorer la transparence comptable.

La réduction des réserves d’or intervient également dans un contexte de flambée historique des cours mondiaux. Le 28 janvier 2026, le prix de l’or a atteint un record de 5 289,38 dollars l’once. À ce niveau, les 18,6 tonnes encore détenues par le Ghana, soit près de 598 000 onces troy, représentent une valeur estimée à environ 3,16 milliards de dollars. Si la Banque du Ghana a tiré des gains importants des opérations menées fin 2025, la baisse du tonnage limite aujourd’hui son exposition à la hausse actuelle des prix.

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque du Ghana, Dr Johnson Asiama, a récemment indiqué devant le Parlement que le programme « or contre pétrole » restait suspendu dans l’attente des résultats d’un audit externe, après des pertes estimées à 2,43 milliards de cédis ghanéens.

En 2026, l’initiative « Or contre réserves » sera optimisée, avec GoldBod opérant comme entité indépendante afin de protéger la Banque du Ghana de la volatilité du marché physique de l’or.

Par Leila Toé

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