La Guinée a été officiellement choisie pour accueillir le siège du Centre africain de développement minier, une décision annoncée à l’occasion du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Cette désignation souligne le rôle stratégique que le pays est appelé à jouer dans l’essor du secteur extractif africain et renforce sa position comme acteur clé du marché minier continental.
Le Centre africain de développement minier a pour mission de coordonner et de superviser la mise en œuvre de la Vision minière africaine et de son plan d’action. L’objectif est de permettre au secteur des ressources minérales de contribuer pleinement à la transformation socio-économique, à la croissance inclusive et au développement durable des économies africaines. Pour ce faire, le Centre collabore avec les États membres, les Communautés économiques régionales, le secteur privé, les organisations de la société civile, notamment les organisations de femmes et de jeunes, ainsi que les institutions partenaires et d’autres acteurs clés.
Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a souligné que cette désignation traduit la confiance accordée par l’Union africaine à la Guinée. Selon lui, le Centre se veut « un véritable laboratoire au service de tous les Africains », chargé de produire des analyses, des études comparatives et des recommandations stratégiques pour valoriser les ressources minières du continent.
De son côté, la commissaire de l’Union africaine en charge du Développement économique, du Commerce, de l’Industrie, des Mines et du Tourisme, Francisca Tatchouop Belobe, a qualifié la décision de « grand jour » pour la coopération continentale. Elle a insisté sur l’importance de doter le Centre d’un siège officiel, afin de redynamiser ses activités et de mieux répondre aux enjeux stratégiques et géopolitiques liés au secteur minier, un domaine crucial pour l’Afrique.
Cette décision intervient dans un contexte international marqué par la compétition autour des minerais critiques, renforçant la position de la Guinée comme acteur clé du secteur minier africain. Le pays s’inscrit ainsi dans une dynamique de valorisation locale de ses ressources et de renforcement de son influence dans la gouvernance minière du continent.
Le statut instituant le Centre africain de développement des ressources minérales a été adopté en janvier 2016 par la vingt-sixième session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine. En janvier 2025, seuls quatre États membres, dont la Guinée, avaient ratifié le statut, tandis que huit autres l’avaient signé. L’Union africaine avait alors exhorté l’ensemble de ses membres à accélérer la ratification, un minimum de quinze ratifications étant nécessaire pour que le Centre puisse pleinement entrer en fonction.
Par Leila Toé


