Nigeria : le gouvernement sollicite l’approbation du Parlement pour le plan d’emprunts extérieurs de 21,5 milliards de dollars sur la période 2025-2026 pour relancer l’économie

Le gouvernement nigérian a levé le voile sur la récente demande du président Bola Tinubu à l’Assemblée nationale visant à approuver un plan ambitieux d’emprunt extérieur de 21,5 milliards de dollars. Cette demande, soumise mardi 27 mai, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’endettement plus structurée et planifiée couvrant la période 2025-2026.

Dans un communiqué publié le mercredi 28 mai 2025, les autorités fédérales ont précisé que ce plan s’appuie sur un « cadre structuré » destiné à mieux coordonner les emprunts à l’échelle nationale, tant pour l’État fédéral que pour les entités infranationales. « Cette approche structurée et tournée vers l’avenir facilite une planification financière cohérente et permet d’éviter les pièges d’emprunts improvisés ou réactifs », précise la note. Cette stratégie vise à renforcer la capacité du Nigeria à financer ses priorités en matière de politiques fiscales et à mobiliser les ressources nécessaires à son développement.

Loin de dramatiser cette nouvelle demande d’emprunt, le gouvernement a tenu à rassurer en expliquant que ce plan ne se traduirait pas automatiquement par un alourdissement excessif de la dette nationale. En effet, la majeure partie des fonds proviendrait d’institutions de développement internationales, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement, la JICA, China EximBank ou encore la Banque islamique de développement. Ces partenaires, connus pour leurs prêts concessionnels assortis de conditions favorables et de longues échéances, devraient permettre au Nigeria de financer durablement ses projets d’infrastructure et de croissance.

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Le président Tinubu a également sollicité l’approbation du Sénat pour un prêt complémentaire de 15 milliards de yens japonais et une subvention de 51 millions d’euros. Ces fonds seront orientés vers des initiatives clés : création d’emplois, renforcement des compétences, promotion de l’entrepreneuriat, réduction de la pauvreté et amélioration de la sécurité alimentaire. Tinubu a d’ailleurs précisé que la majorité des projets concernés seraient déployés dans les 36 États de la fédération, dans le but de garantir un développement plus inclusif.

Cette offensive financière intervient alors que le pays fait face à un essoufflement de ses financements intérieurs et à un déficit criant en infrastructures. « Notre stratégie d’endettement ne se résume pas aux montants engagés, mais repose sur l’utilité, la durabilité et le rendement économique des emprunts contractés », précise la note du porte-parole du gouvernement. L’objectif est clair : s’assurer que chaque dollar emprunté contribue à des projets porteurs de croissance et que le Nigeria conserve une dette à la fois soutenable et maîtrisée.

Par Drissa Ouattara

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