CEMAC : La BEAC impose aux sociétés extractives de rapatrier jusqu’à 70 % de leurs devises d’exportation pour renforcer ses réserves

La banque centrale de la zone CEMAC a adopté une nouvelle instruction imposant aux entreprises minières et pétrolières de rapatrier une part croissante de leurs recettes d’exportation. Une mesure qui vise à consolider les réserves de change de la sous-région, dans un contexte de pression persistante sur le franc CFA dans la zone CEMAC.

La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a annoncé, le 23 avril 2026, le relèvement progressif du taux de rapatriement obligatoire des devises générées par les sociétés extractives opérant dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Formalisée par l’Instruction n°001/GR/2026, cette décision marque un tournant dans la politique de gestion des flux de change de l’institution.

Concrètement, le communiqué précise que les entreprises du secteur des hydrocarbures, des mines et autres activités extractives, jusqu’ici tenues de rapatrier 35 % de leurs recettes d’exportation vers le système bancaire de la zone, devront porter ce taux à 50 % dès le 1er janvier 2027, puis à 70 % à compter du 1er janvier 2028.

Ce calendrier, échelonné sur deux ans, répond à une logique de prévisibilité réglementaire, permettant aux opérateurs concernés d’adapter leurs dispositifs financiers sans rupture brutale.

L’enjeu est de taille pour une zone monétaire dont les réserves de change constituent le principal garant de la crédibilité et de la convertibilité du franc CFA. Les entreprises extractives représentent, dans plusieurs pays membres de la CEMAC, la principale source de recettes en devises étrangères. Or, une part significative de ces devises a historiquement échappé au circuit bancaire régional, limitant la capacité de la BEAC à défendre le niveau de ses réserves.

Par ailleurs, la banque centrale précise que les sommes affectées aux fonds de réhabilitation des sites miniers ou pétroliers restent explicitement exclues du périmètre de l’obligation de rapatriement.

Sur le plan institutionnel, la BEAC a confié aux directeurs nationaux, ses représentants dans chacun des six États membres, le soin de notifier cette instruction aux sociétés extractives concernées ainsi qu’aux établissements de crédit.

Par David Yaméogo

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