Ghana : l’ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta de nouveau recherché pour corruption

L’étau judiciaire se resserre autour de Ken Ofori-Atta. L’ancien ministre ghanéen des Finances, en poste entre 2017 et 2024, est à nouveau inscrit sur la liste des personnes recherchées par le Bureau du Procureur spécial (OSP) depuis le 2 juin 2025. En cause : son absence répétée devant la justice, alors qu’il est visé par une enquête pour corruption présumée et infractions connexes.

Lors d’une conférence de presse tenue ce même jour à Accra, le Procureur spécial Kissi Agyebeng a justifié cette décision en soulignant que l’ancien ministre ne s’était pas présenté à plusieurs convocations, en violation d’un accord préalable ayant conduit à la suspension temporaire de son statut de « fugitif » en février dernier. « La maladie ne constitue pas une protection contre la responsabilité, sauf si elle est certifiée comme preuve », a insisté le magistrat, manifestement agacé par ce qu’il considère comme une stratégie d’évitement.

Le Bureau a d’ores et déjà sollicité l’aide d’INTERPOL en vue d’une éventuelle notice rouge et d’une procédure d’extradition. L’équipe juridique d’Ofori-Atta, de son côté, affirme que son client est gravement malade et ne peut se déplacer, mais se dit ouverte à un entretien virtuel avec les autorités.

L’affaire remonte à plusieurs mois. Le nom de l’ex-ministre est apparu dans diverses enquêtes portant sur des contrats publics potentiellement entachés d’irrégularités, notamment avec Strategic Mobilization Ghana Limited, la Ghana Revenue Authority, la Compagnie d’électricité du Ghana, et la société chinoise BXC. D’autres dossiers sensibles sont également évoqués, comme le projet de cathéter national ou encore l’achat d’ambulances par le ministère de la Santé.

Initialement déclaré fugitif en février 2025, Ken Ofori-Atta avait bénéficié d’une suspension de poursuites après la production de certificats médicaux attestant de soins à l’étranger. Mais son refus de se présenter devant l’OSP le 2 juin semble avoir convaincu le parquet de durcir le ton.

L’affaire, très médiatisée, vient une fois de plus illustrer les tensions croissantes entre la justice et certaines figures politiques du Ghana, dans un contexte où la lutte contre la corruption reste un défi de taille.

Par Amhed Coulibaly

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