Au premier trimestre 2025, le taux d’inflation dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré une baisse significative, s’établissant à 2,3 % en glissement annuel, contre 2,9 % au trimestre précédent. Cette décélération du niveau général des prix est principalement attribuée à un ralentissement des hausses dans les secteurs des « Restaurants et Hôtels » et du « Logement ». Toutefois, la hausse des prix des denrées alimentaires a partiellement compensé cette tendance.
Les prix dans la catégorie « Restaurants et Hôtels » ont diminué de 1 % au cours du premier trimestre 2025, après une augmentation de 4,5 % au trimestre précédent. Cette évolution a contribué négativement à l’inflation, représentant une baisse de 0,1 point de pourcentage (pdp). Des variations notables ont été observées entre les pays : au Bénin, les coûts des services de restauration sont restés stables, tandis qu’au Sénégal, ils ont légèrement ralenti (+1,9 %). En revanche, des baisses significatives ont été enregistrées au Niger (-16 %) et en Côte d’Ivoire (-1,4 %), en raison d’une concurrence accrue dans le secteur.
Dans le secteur du « Logement », les tarifs ont également marqué un net ralentissement, avec une hausse limitée à 0,1 %, contre 2,8 % au trimestre précédent. Cette évolution s’explique par des baisses des prix des services d’entretien du logement, notamment au Burkina Faso (-9,8 %), en Guinée-Bissau (-9,7 %) et au Bénin (-3,7 %). En Côte d’Ivoire, la hausse des tarifs a également ralenti, atteignant 0,1 %, contre 6,6 % au trimestre précédent.
Cependant, cette tendance à la baisse a été partiellement compensée par une augmentation des prix des denrées alimentaires, qui ont progressé de 5,2 % au cours du trimestre, contre 3,8 % précédemment. Cette hausse est principalement liée à l’augmentation des prix des huiles (+5,7 %), des tubercules (+6,7 %) et des légumes (+6,7 %). En revanche, les prix des céréales ont connu une nette décélération, n’augmentant que de 2,1 % au premier trimestre 2025, après une hausse de 9,5 % au quatrième trimestre 2024, grâce à une amélioration de l’offre sur les marchés des États membres de l’Union.
Le taux d’inflation sous-jacente, qui mesure l’évolution des prix hors produits frais et énergie, s’est établi à 1,3 % au cours du trimestre, après 2,0 % au quatrième trimestre 2024. Ce recul est lié à la baisse des prix de certaines denrées alimentaires entrant dans le calcul de l’indice sous-jacent, notamment la farine, le lait et le sucre. Les prix des produits non alimentaires inclus dans cette composante ont également reculé, en particulier dans les services de restauration et les services liés au logement.
Analyse par pays
L’analyse par pays révèle des tendances variées. Au Burkina Faso, l’inflation a diminué à 2 %, contre 4,9 % précédemment, grâce à une hausse plus modérée des prix alimentaires. En Côte d’Ivoire, l’inflation est également en baisse, à 1 %, en raison du ralentissement dans les divisions « Logement » et « Restaurants et Hôtels ». Au Niger, la décélération atteint 0,5 point, tirée par le recul des prix dans les secteurs de la communication et de la restauration.
En revanche, des hausses d’inflation ont été observées au Mali (+8,5 %), en Guinée-Bissau (+6,1 %), au Sénégal (+0,7 %) et au Togo (+2,0 %). Au Mali, cette accélération est due au renchérissement des produits alimentaires et des services de communication. En Guinée-Bissau, la hausse des prix alimentaires a atteint 16,2 %, tandis qu’au Sénégal, les denrées alimentaires ont augmenté de 0,9 %.
Par Bernadette W. Gansonré


