Forum des métiers de la mine : investir dans le capital humain pour transformer l’industrie minière au Burkina

La première édition du Forum des métiers de la mine a officiellement ouvert ses portes ce jeudi 19 juin 2025 à Ouagadougou, sous le thème : « Capital humain : levier de performance pour l’industrie minière ». Une thématique qui résonne comme un appel stratégique à renforcer la compétitivité du secteur minier à travers l’investissement dans les compétences locales.

Du 19 au 20 juin 2025 se tient un événement majeur consacré aux métiers du secteur minier, dont les portes ont été officiellement ouvertes dans la matinée de ce jeudi, en présence d’acteurs du milieu, d’étudiants et d’établissements de formation, entre autres. L’initiative est portée par la Chambre des mines du Burkina (CMB). Son premier responsable, par ailleurs président du comité d’organisation, Ousseni Derra, a d’emblée souligné le rôle central que joue le facteur humain dans la résilience et les performances économiques de l’industrie extractive nationale. Dans un environnement en constante mutation, marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux, « la première ressource d’une mine, c’est son capital humain », affirme-t-il avec conviction. Ce forum s’inscrit donc dans une dynamique d’anticipation et de co-construction de solutions adaptées aux réalités du marché du travail minier.

Ousseni Derra, Président de la Chambre des mines du Burkina

Le secteur minier burkinabè, pilier de l’économie nationale, continue de générer des recettes importantes ainsi que des emplois directs et indirects. Pourtant, selon une étude conjointe de 2013 menée par la Chambre des mines du Burkina et la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), le tissu de compétences locales reste déséquilibré. Si les ingénieurs et géologues trouvent leur place dans les filières classiques de formation, le maillon intermédiaire — à savoir les ouvriers qualifiés — demeure sous-représenté, alors même qu’ils constituent entre 70 % et 80 % des effectifs employés sur les sites miniers. Selon Ousseni Derra, cette insuffisance, identifiée depuis plus d’une décennie, continue de poser un défi majeur à l’écosystème minier. Il s’agit désormais, à l’en croire, de transformer cette faiblesse en opportunité, en outillant les jeunes Burkinabè pour occuper ces postes techniques stratégiques.

En outre, le président de la CMB a indiqué que le thème choisi exprime la volonté collective de mettre l’accent sur la qualité des ressources humaines comme facteur clé de performance et de durabilité de l’industrie minière. « Notre ambition est de faire de ce forum un véritable cadre de dialogue multi-acteurs réunissant les structures administratives, les entreprises minières, les sous-traitants et les fournisseurs de biens et services du secteur, les établissements de formation, les services de gestion des talents, les étudiants et chercheurs d’emploi, afin d’aborder ensemble les défis liés à la formation, à l’insertion professionnelle et à l’adéquation entre les profils formés et les besoins réels du marché », a-t-il laissé entendre.

Dr Boubacar Savadogo,ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique

Présent à l’ouverture, le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Dr Boubacar Savadogo, a insisté sur l’urgence de revoir les priorités en matière de formation : « Notre objectif est clair : donner aux jeunes Burkinabè les moyens de devenir des acteurs du développement, pas des spectateurs ». Dans cette optique, le forum offre un espace propice d’orientation et d’échange entre les futurs professionnels, les établissements de formation et les entreprises minières. « Chers jeunes, ce forum vous est dédié. Saisissez cette opportunité pour apprendre, vous orienter, poser des questions, et surtout, croire en votre potentiel. Le Burkina Faso de demain se construira avec vous, avec vos talents, votre engagement et votre audace », a lancé le ministre en charge de la formation professionnelle.

Coupure ruban

L’entreprise au cœur de la transformation

La Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF), représentée par son secrétaire national chargé des questions économiques et financières, Désiré Nacoulma, a rappelé que le secteur privé représente plus de 90 % des emplois au Burkina Faso. Il est donc crucial que les entreprises soient impliquées dans la co-construction de parcours de formation adaptés à leurs besoins. « Un capital humain de qualité est un facteur clé de performance pour toute entreprise », a-t-il martelé, citant les risques liés à un déficit de compétences : baisse de productivité, mauvaise qualité des services, faible innovation et difficultés d’adaptation. S’adressant aux jeunes, M. Nacoulma s’est voulu, on ne peut plus clair : « Posez des questions, nouez des partenariats, cultivez vos ambitions avec confiance et détermination. Le Burkina Faso a besoin de talents bien formés pour relever les défis de demain ».

Une vue des participants

En somme, l’édition 2025 du Forum apparaît comme un signal fort pour les décideurs, les entreprises et les institutions de formation, car l’avenir du secteur minier burkinabè dépendra de la capacité collective des acteurs à former, valoriser et retenir les talents. Durant deux jours, sept panels thématiques, des ateliers pratiques animés par des experts en ressources humaines et des activités de découverte du secteur permettront aux participants de se familiariser avec les réalités opérationnelles du terrain, tout en affinant leur stratégie de candidature et leur connaissance du marché de l’emploi.

Par Léon Yougbaré

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