La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) affiche un bénéfice net de 300,75 milliards FCFA au titre de l’exercice 2025, en repli de 15,23 % par rapport aux 354,8 milliards enregistrés l’année précédente. Ce fléchissement s’explique principalement par la compression du produit net bancaire, même si l’institution renforce simultanément ses fonds propres et étend considérablement son financement au secteur bancaire.
La banque centrale commune aux six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) voit son produit net bancaire reculer de 11,37 %, à 475,91 milliards FCFA contre 536,97 milliards en 2024. Cette contraction des revenus constitue le principal facteur d’explication de la baisse du résultat net, dans un contexte où les charges de fonctionnement ont, elles aussi, évolué de façon contrastée.
Du côté des charges, les frais généraux s’établissent à 199,17 milliards FCFA, en légère baisse de 2,33 %, témoignant d’un effort de maîtrise des coûts opérationnels. Cet effort est toutefois nuancé par la progression de la masse salariale : les frais de personnel atteignent 108,73 milliards FCFA, en hausse de 9,88 %. En revanche, les autres charges d’exploitation se replient de 14,93 %, à 46,63 milliards, tout comme les dépenses liées à l’entretien de la circulation fiduciaire, qui diminuent de 2,65 %, à 26,97 milliards FCFA.
L’un des faits marquants de l’exercice 2025 réside dans l’essor spectaculaire des créances sur les établissements de crédit, qui bondissent de 127,82 % pour atteindre 2 339,63 milliards FCFA, contre 1 026,98 milliards un an plus tôt. Cette progression remarquable signifie que la BEAC a massivement amplifié ses injections de liquidités en direction du système bancaire de la sous-région.
À l’inverse, les créances sur les Trésors nationaux reculent de 4,65 %, à 2 908,1 milliards FCFA. Le total du bilan progresse, quant à lui, modestement de 2,82 %, pour atteindre 13 464,8 milliards FCFA.
Sur le plan de la solidité financière, la BEAC présente des signaux positifs. Les capitaux propres totaux s’élèvent à 2 073,32 milliards FCFA, en hausse de 20,55 %, tandis que les réserves progressent de 15,12 %, à 1 419,57 milliards FCFA.
Plus significative encore, la recapitalisation de la banque centrale : le capital de la BEAC est passé de 132 milliards de FCFA en 2024 à 353 milliards en 2025, soit une augmentation de 167,42 %, renforçant l’assise financière de l’institution. Par ailleurs, les billets et monnaies en circulation atteignent 5 754,65 milliards FCFA, en augmentation de 7,29 %. En revanche, les comptes créditeurs et dépôts enregistrent une baisse de 7,07 %, à 4 197,67 milliards FCFA.
Par Léon Yougbaré


