Le Fonds Monétaire International (FMI) a validé la troisième revue du programme triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Burkina Faso, ouvrant la voie à un nouveau décaissement d’environ 32,8 millions de dollars, soit près de 18,7 milliards FCFA. Ce montant porte à 74,9 milliards FCFA, soit 131,3 millions de dollars, le total des appuis financiers du FMI dans le cadre de cet accord approuvé en septembre 2023.
Selon les données publiées, la croissance du PIB réel a atteint 5 % en 2024, portée par une dynamique favorable dans l’agriculture et les services, contrastant avec le recul de l’activité dans les industries extractives et manufacturières.
Pour 2025, une légère décélération est attendue, avec une croissance projetée à 4,2 %, en raison d’un repli de la production agricole lié à une normalisation des précipitations. Côté inflation, la situation s’améliore nettement : les prévisions tablent sur un taux de 3 % en 2025, soutenu par une modération des prix des produits alimentaires, après une période marquée par de fortes tensions.
Le déficit du compte courant s’est creusé en 2024, atteignant 5,7 % du PIB contre 5 % en 2023. Mais une amélioration à 3,4 % du PIB est anticipée en 2025, portée par les cours élevés de l’or. La balance des paiements s’est consolidée grâce à une évolution positive des termes de l’échange, tandis que les effets des perturbations commerciales mondiales restent marginaux pour le pays, notamment en raison de liens commerciaux limités avec les États-Unis.
Sur le plan budgétaire, malgré des pressions sur les dépenses d’investissement, le déficit global s’est réduit à 5,8 % du PIB en 2024, contre 6,7 % en 2023. Le budget 2025 marque une volonté affirmée de consolidation, avec un déficit projeté entre 3,3 % et 4 % du PIB, sous réserve de la mobilisation de financements concessionnels.
L’évaluation du FMI souligne une résilience globale du cadre macroéconomique, bien que certains critères n’aient pas été atteints à fin 2024, notamment ceux liés au déficit budgétaire primaire et au financement intérieur net. Ces écarts, jugés limités (0,6 % du PIB), n’ont pas remis en cause la trajectoire générale du programme. Tous les critères de réalisation continus et cinq objectifs indicatifs à fin mars 2025 ont été respectés, une performance jugée encourageante dans un environnement difficile.
Par ailleurs, les autorités burkinabè ont poursuivi leurs efforts sur le plan des réformes structurelles, atteignant sept des huit repères définis. Le seul repère non atteint – un plan d’apurement des arriérés intérieurs – constitue désormais une condition préalable à la poursuite du programme. Deux mesures préalables supplémentaires ont été exécutées : la communication de la liste des comptes de dépôts du Trésor et l’apurement des arriérés intérieurs de fin 2023.
Trois nouveaux repères ont été introduits, portant sur les marchés publics, l’intégrité fiscale et la maîtrise de la masse salariale. Cette orientation traduit la volonté des autorités d’ancrer durablement la gouvernance et la transparence au cœur de la gestion des finances publiques.
Dans sa déclaration, Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim du FMI, a salué « la résilience de l’économie burkinabè face aux défis sécuritaires, climatiques et humanitaires ». Il a également insisté sur l’importance d’une gouvernance budgétaire rigoureuse et d’un ancrage clair des réformes pour favoriser une relance inclusive.
Par Léon Yougbaré


