Togo : le FMI débloque 33 milliards de FCFA dans le cadre de la Facilité élargie de crédit

Le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé le décaissement immédiat de 33,603 milliards de FCFA, soit environ 60,5 millions de dollars, en faveur du Togo, à l’issue de la deuxième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce financement est destiné à soutenir le budget national et à accompagner les réformes économiques en cours.

Cet appui s’inscrit dans un programme triennal approuvé en mars 2024, pour un montant total de 224,063 milliards de FCFA (environ 403,4 millions de dollars), conçu pour aider le pays à faire face aux conséquences économiques de la pandémie de COVID-19, à la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et du carburant, ainsi qu’à l’insécurité dans le nord du pays.

Selon le FMI, les autorités togolaises ont mis en œuvre le programme de manière satisfaisante, atteignant la quasi-totalité des objectifs quantitatifs à fin décembre 2024, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales et non fiscales. Toutefois, le critère de réalisation lié au solde budgétaire n’a pas été atteint, en raison de dépenses plus élevées que prévu, entraînant une accumulation plus rapide de la dette. Le directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, a salué les progrès réalisés, tout en appelant à redoubler d’efforts pour renforcer la viabilité des finances publiques, tout en préservant la croissance et l’inclusion sociale.

L’institution prévoit une croissance économique stable autour de 5,2 % en 2025 et de 5,5 % par an à moyen terme, en l’absence de chocs majeurs. L’inflation globale est également en baisse, atteignant 2,6 % en avril 2025, avec une inflation hors énergie et produits frais ramenée à 1,3 % en moyenne annuelle.

Cependant, face aux pressions sécuritaires et aux besoins sociaux persistants, elle a accepté un assouplissement modéré de l’objectif de déficit budgétaire pour 2024, ainsi qu’un report à 2027 de l’objectif de ramener la valeur actualisée de la dette publique en dessous de 55 % du PIB, initialement fixé à 2026. Ces ajustements visent à trouver un équilibre entre la gestion de la dette et les impératifs de sécurité, d’inclusion sociale et de développement économique.

Renforcement de la résilience économique

Pour renforcer la résilience économique, le FMI encourage les autorités togolaises à élaborer une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme, à améliorer l’efficience des dépenses publiques, à renforcer les dispositifs de protection sociale – notamment par la suppression progressive des subventions aux carburants compensée par des mesures ciblées en faveur des plus vulnérables – et à garantir la viabilité des services essentiels (eau, électricité), y compris par un ajustement progressif des tarifs. Il encourage également le Togo à publier l’évaluation diagnostique de la gouvernance prévue et à renforcer le régime de déclaration de patrimoine et de revenus, afin d’aligner les pratiques nationales sur les normes internationales.

Enfin, l’institution a salué la recapitalisation de la dernière banque publique du pays, jugée essentielle pour réduire les risques financiers. Elle appelle néanmoins à poursuivre les efforts de restructuration et de mise en conformité avec les normes réglementaires.

Par Bernadette W. Gansonré

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