Afrique : Les méga-transactions propulsent les investissements privés à 3 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025

Le marché africain des capitaux privés a retrouvé des couleurs au deuxième trimestre 2025, atteignant 3 milliards de dollars, selon le dernier rapport publié par Stears et l’Association du capital-risque d’Afrique de l’Est (EAVCA). Ce montant, en nette hausse par rapport aux 1,6 milliard du premier trimestre, reste toutefois inférieur aux 3,7 milliards enregistrés un an plus tôt.

Entre avril et juin, 147 transactions ont été recensées sur le continent, contre 125 trois mois plus tôt. Cette progression tient surtout au retour en force des méga-transactions (plus de 75 millions de dollars) qui représentent désormais 11 % des opérations divulguées, contre 5 % au trimestre précédent. À l’inverse, les petites opérations ont légèrement reculé, tout comme les transactions intermédiaires.

Le rapport souligne également le rôle majeur du financement par la dette dans cette dynamique, en particulier dans l’agriculture et l’énergie. Ces deux secteurs concentrent à eux seuls 40 % des transactions adossées à l’endettement. « La dette a représenté 85 % de toutes les transactions agricoles, traduisant la préférence des acteurs du secteur pour des financements qui soutiennent leur trésorerie », précise le document. Dans l’énergie, l’intensité capitalistique et la régularité des flux de revenus justifient ce choix.

En matière sectorielle, la consommation et les services deviennent les plus attractifs, avec 27 % des transactions, devant les services financiers (24 %). La technologie suit avec 18 %, et l’énergie avec 14 %. La moitié des transactions concerne désormais les deux premiers secteurs.

Les services financiers continuent néanmoins de dominer les grandes manœuvres de fusions-acquisitions. Deux opérations ont marqué le trimestre : le rachat de la National Bank of Kenya par Access Bank pour 100 millions de dollars et la première fusion de SPAC en Égypte, qui a vu Catalyst Partners mettre la main sur la plateforme de prêts numériques Qardy.

D’un point de vue géographique, l’Afrique centrale se distingue par une forte utilisation de la dette : 64 % des transactions régionales impliquent ce type de financement, notamment dans l’énergie et les matières premières. En Afrique de l’Est, la dette représente 46 % des opérations et 40 % du volume de dette du continent. Dans le reste du continent, le financement en fonds propres domine, mais la dette structurée reste présente dans les projets d’Afrique australe et de l’ouest.

Par Amhed Coulibaly

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