Ghana : le gouvernement interdit de libeller les contrats publics en devises étrangères pour protéger le cedi

Le gouvernement ghanéen serre la vis contre la dollarisation de son économie. Le président John Dramani Mahama a ordonné que désormais aucun contrat public, quelle qu’en soit la source de financement, ne soit libellé en devises étrangères. Cette mesure, annoncée par le ministre des Finances Cassiel Ato Forson lors de la présentation du premier examen budgétaire semestriel devant le Parlement, prend effet immédiatement.

« Conformément à la loi de 2006 sur les changes, il est interdit aux entreprises, institutions et particuliers de fixer les prix, d’émettre des reçus ou de réaliser des paiements en devises étrangères sans l’autorisation écrite de la Banque du Ghana », a rappelé le ministre, en soulignant que la généralisation des transactions en devises met en péril la stabilité monétaire et la crédibilité du cedi.

Pour Forson, cette pratique, devenue courante, mine la confiance dans la monnaie nationale, favorise l’inflation et affaiblit la souveraineté économique. Le gouvernement veut ainsi renforcer l’usage du cedi et enrayer une habitude qui s’est installée depuis plusieurs années.

Le ministre s’est par ailleurs félicité pour la performance récente de la monnaie nationale, qu’il a qualifiée de « résiliente ». Le cedi, qui se négociait encore à 17 GH¢ pour un dollar en 2024, s’échangeait autour de 10,4 GH¢ au 23 juillet 2025, enregistrant une appréciation de 42,6 % depuis le début de l’année. Des progrès similaires sont constatés face à la livre sterling et à l’euro. « En 60 ans d’histoire du cedi, une telle remontée n’a jamais été enregistrée », a-t-il insisté.

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Cette embellie s’accompagne d’un regain de confiance des investisseurs et d’une amélioration de la notation souveraine. Fitch Ratings a relevé en juin la note du Ghana à « B- » avec perspective stable, tandis que le programme du FMI avance avec succès après la validation de la quatrième revue début juillet, ouvrant la voie au décaissement de 367 millions de dollars.

Selon le ministre, ces résultats sont le fruit d’une discipline budgétaire, d’une politique monétaire stricte et de réformes structurelles. Il a exhorté les Ghanéens à continuer de soutenir la monnaie locale. « Ghanafo, cedi no apicki ! », a-t-il lancé dans un mélange d’anglais et de twi, reprenant une chanson populaire pour symboliser le redressement du pays.

Par Drissa Ouattara

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