Burkina Faso/ Finances publiques : les régies financières mobilisent 1 486 milliards FCFA au premier semestre 2025

À mi-parcours de l’année 2025, l’exécution budgétaire et les réformes de gestion des finances publiques traduisent une mobilisation soutenue. Toutefois, si les recettes propres affichent des résultats globalement en ligne avec les attentes, certains volets de gouvernance, notamment les marchés publics et l’informatisation, peinent encore à se hisser aux standards fixés.

Au titre des recettes propres destinées au budget de l’État, le gouvernement ambitionne de mobiliser 3 086,99 milliards FCFA sur l’année. À fin juin 2025, 1 485,99 milliards FCFA ont été recouvrés, soit 48,12 % des objectifs annuels. Rapporté aux prévisions du seul deuxième trimestre, estimées à 791,69 milliards FCFA, le taux de recouvrement atteint 105,3 %, un niveau qui témoigne d’une dynamique positive sur le trimestre écoulé. Du côté du Fonds de soutien patriotique (FSP), la performance est également notable : 101,772 milliards FCFA ont été collectés, sur une cible annuelle de 150 milliards, soit 67,85 % au 30 juin.


L’année 2025 marque un tournant digital pour l’administration fiscale et comptable. En effet, l’opérationnalisation de la facture normalisée électronique certifiée est sur les rails : le cadre juridique est en place, les contribuables et les agents formés, et les éditeurs de logiciels sont sensibilisés. Parallèlement, la généralisation du Système de gestion automatisé des recettes de service (SYGARS) se poursuit. Sur les 80 régies de recettes ciblées, 32 ont déjà été connectées. Toutefois, le taux d’exécution financière reste faible, avec 9,8 %, contre 57 % sur le plan physique.

Malgré les efforts déployés, la gestion des marchés publics demeure un point de vigilance. À mi-année, seuls 57,14 % des marchés sont passés selon les procédures de droit commun, bien en deçà de l’objectif fixé à 85 %. En parallèle, 42,86 % sont encore attribués via des procédures exceptionnelles contre un seuil souhaité inférieur à 15 %, traduisant une dépendance élevée à l’entente directe. Ce déséquilibre est en partie attribuable à la nature spécifique de certains projets, nécessitant des procédures dérogatoires.

La plateforme de gestion des marchés publics « e-GP », pierre angulaire de la réforme de la commande publique, avance lentement : son taux de fonctionnalité est estimé à 27 %, malgré un module « plan de passation » finalisé à 99 % et une structuration avancée des modèles de dossiers d’appel à concurrence à 80 %. La plateforme SECOP (Système électronique de délivrance des actes administratifs de la commande publique) a été officiellement lancée le 23 juin 2025, avec des taux d’exécution physique et financière respectivement de 69 % et 12,97 %.

Comptabilité des matières, des progrès significatifs
Dans le cadre de l’élaboration du Compte central des matières de l’État, l’exercice 2025 affiche des avancées notables. L’ensemble des comptes de gestion des matières des ministères et institutions a été examiné. La valeur globale dégagée au 30 juin est estimée à 2 023,27 milliards FCFA, en progression par rapport aux 1 997,92 milliards FCFA de 2023. Le Système intégré de gestion de la comptabilité matières (SIGCM) est désormais opérationnel dans les 20 Établissements publics de l’État (EPE) ciblés, et le déploiement dans 20 collectivités territoriales est en cours.

Face à la persistance de la crise alimentaire et à la pression inflationniste, le gouvernement a intensifié ses actions. Au 30 juin, 12 mesures urgentes ont été prises sur un objectif de 7, traduisant une forte réactivité. En termes de contrôle des pratiques commerciales, 13 462 commerçants ont été inspectés, soit 86,33 % de la cible annuelle de 15 593. Le taux d’inflation, bien qu’en recul, reste au-dessus de l’objectif : il s’établit à 3,6 % contre une cible inférieure ou égale à 3 %. Toutefois, ce niveau témoigne d’une amélioration comparée aux 4,6 % de 2024.

Lire aussi : Burkina : 91 Établissements publics de l’État et 18 fonds nationaux réalisent des recettes cumulées de 808 milliards FCFA au titre de l’exercice 2024 – Horonya finance

Sur le plan du financement du tissu économique, 1,189 milliard FCFA ont été octroyés à 100 PME/PMI sous forme de crédits à court, moyen et long terme. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de renforcer le secteur privé national.
Concernant l’opérationnalisation de la Banque de dépôt du Trésor (BDT), plusieurs étapes clés ont été franchies. À fin juin, 5 DAB sont en cours d’installation, les cartes de débit sont en phase finale de configuration avec l’assistance technique du GIM-UEMOA. De plus, les systèmes d’information pour la domiciliation des salaires des agents publics ont été testés avec succès et la mise en œuvre est prévue fin juillet 2025. Toutefois, certaines agences de la BDT ne sont pas encore fonctionnelles, laissant les Trésoreries régionales assurer l’intérim. Le taux d’opérationnalisation global de la BDT s’élève à 87 %, atteignant 96,67 % de la cible visée (90 %).

Par David Yaméogo

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet