Au premier trimestre 2025, le commerce extérieur du Togo a été marqué par une dynamique contrastée entre la progression des exportations et l’aggravation du déficit commercial. Selon les données officielles, les exportations togolaises se sont établies à 259,29 milliards FCFA pour un volume global de 1,215 million de tonnes. En parallèle, les importations ont atteint 444,68 milliards FCFA, correspondant à 1,251 million de tonnes de marchandises. Ce déséquilibre se traduit par un déficit commercial de 185,4 milliards FCFA sur la période.
Comparées au trimestre précédent, les exportations affichent une nette progression de 26,2 % en valeur et de 81,8 % en volume. Toutefois, cette embellie ne suffit pas à inverser la tendance, puisque le déficit s’est encore creusé de 34,8 %. En glissement annuel, les performances à l’export sont également positives : +17,2 % en valeur et +47,9 % en volume. Malgré cela, le déficit commercial demeure préoccupant, avec une hausse de 26,3 % sur un an.
La structure des exportations du Togo reste dominée par un nombre limité de produits de base. En première position figurent les phosphates naturels de calcium, phosphates alumino-calciques et craies phosphatées, pour une valeur de 56,3 milliards FCFA et un volume de 547 959 tonnes. Ils représentent 21,7 % des exportations.
Le cacao en fèves ou en brisures (brut ou torréfié) occupe la deuxième place, avec 21,78 milliards FCFA pour 14 147 tonnes, soit 8,4 % des exportations. Vient ensuite le clinker (ciment non pulvérisé), avec 15,55 milliards FCFA et 360 000 tonnes, soit 6 % de la valeur exportée. À eux seuls, ces trois produits totalisent 36,1 % des exportations togolaises.
Plus globalement, les dix premiers produits exportés au premier trimestre concentrent 65,1 % de la valeur totale, soit 168,7 milliards FCFA. Le reste, composé d’autres marchandises, représente 90,6 milliards FCFA, soit 34,9 % du total.
Ces résultats traduisent une double réalité. D’une part, le Togo confirme son rôle d’exportateur de matières premières stratégiques, notamment les phosphates et le cacao. D’autre part, la structure des échanges, marquée par une forte dépendance aux importations, maintient le pays dans une situation de déficit commercial structurel.
Par Léon Yougbaré


