IATF 2025 : à Alger, l’Afrique unie trace sa voie par le commerce et l’investissement stratégique

La quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) s’est ouverte le jeudi 4 septembre 2025 au Centre international des conférences d’Alger, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, président de la République démocratique et populaire d’Algérie. L’événement s’est déroulé en présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que de chefs d’entreprises et d’investisseurs venus du monde entier pour participer au plus grand rendez-vous commercial et d’investissement du continent, initié par Afreximbank et soutenu par l’Union africaine et le Secrétariat technique de la ZLECAf. Cette rencontre majeure n’a cessé de démontrer son rôle central dans la dynamique d’émancipation économique de l’Afrique à travers le développement du commerce intra-africain et des investissements stratégiques pour le continent. Depuis sa première édition au Caire en 2018 jusqu’à cette quatrième édition en 2025 à Alger, l’IATF a été unanimement saluée et reconnue pour son rôle stratégique.

Olusegun Obasanjo, ancien président de la République fédérale du Nigeria et Président du Conseil consultatif de l’IATF 2025

Olusegun Obasanjo, ancien président de la République fédérale du Nigeria et Président du Conseil consultatif de l’IATF , a souligné que la foire s’est imposée au fil du temps comme le rassemblement le plus important en matière de commerce et d’investissement en Afrique. Pour lui, l’IATF est bien plus qu’un simple événement : « C’est un symbole de l’éveil économique de l’Afrique, où la puissance du commerce et de l’investissement nous unit à travers les régions du continent et donne vie à l’ambition de la ZLECAf », a-t-il déclaré dans son allocution. Ses propos s’appuient sur les nombreuses réalisations concrètes issues de la foire et sur les investissements stratégiques débloqués grâce à cette plateforme. Les trois premières éditions ont généré plus de 120 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissements, dont le plus emblématique reste le financement, en 2018, du projet hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie (barrage de Rufiji), d’un montant de 2,9 milliards de dollars. Pour l’édition 2025, les organisateurs attendent des accords évalués à 44 milliards de dollars, avec plusieurs innovations annoncées, notamment le financement de jeunes startups africaines.

Wamkele Mene, Secrétaire général du Secrétariat technique de la ZLECAf

Au-delà des chiffres, l’IATF s’impose comme une réponse politique et économique de l’Afrique face au reste du monde. Une Afrique qui refuse désormais de sous-traiter ses questions de développement et d’investissement stratégique. Dans un contexte géopolitique incertain, le secrétaire général du Secrétariat technique de la ZLECAf, Wamkele Mene, a rappelé l’urgence pour le continent d’agir de manière unie et rapide : « Le contexte mondial actuel, marqué par des incertitudes et des changements dans les schémas commerciaux, nous rappelle que l’Afrique doit agir avec unité et rapidité. Pour renforcer notre résilience et protéger nos intérêts communs, nous devons accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf », a-t-il insisté.

Lire aussi : Des leaders, des visionnaires et des innovateurs du monde entier convergeront à Alger, alors que l’IATF2025 annonce son programme complet et ses intervenants. – Horonya finance

Cette conviction est partagée par l’ambassadrice Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine. Pour elle, l’Afrique doit dès maintenant innover, créer de la valeur et s’industrialiser afin de ne plus rester exportatrice de matières premières non transformées mais devenir l’architecte de ses propres industries, sources de prospérité pour le continent. « Dans un contexte géopolitique et géoéconomique mondial en mutation, cela ne doit plus être une aspiration lointaine mais un impératif urgent, et c’est déjà en train de devenir une réalité », a-t-elle affirmé.

Pour atteindre ces objectifs, l’Union africaine, à travers la ZLECAf et en étroite coopération avec les institutions africaines, notamment Afreximbank, poursuit activement cet agenda. L’enjeu est de tirer pleinement parti de cette plateforme stratégique pour faire progresser la Zone de libre-échange continentale africaine, réaliser l’Agenda 2063 de l’UA et renforcer ses partenariats fructueux avec des institutions panafricaines, afin de promouvoir le commerce, l’investissement, la création de valeur et l’industrialisation à l’échelle du continent.

Professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank,

Au-delà de la réponse politique de l’Afrique, le professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank, décrit l’IATF comme une réponse au déficit de financement des projets innovants, en particulier ceux portés par les startups africaines. « Ce n’était pas que l’Afrique ne comptait pas des jeunes aussi capables, voire plus talentueux, que nombre de géants mondiaux comme Bill Gates, Zuckerberg et Steve Jobs ; ce qui nous manquait, c’était le capital et un marché cohérent pour leur donner l’audace de rêver », a-t-il confié. Il s’est également réjoui du fait que l’IATF soit devenu une plateforme de convergence pour les jeunes talents venus de toutes les régions d’Afrique et des Caraïbes.

Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune a pour sa part appelé à une prise de conscience africaine face aux bouleversements géopolitiques et géoéconomiques mondiaux afin d’éviter que le continent ne soit une fois encore, la grande victime de la reconfiguration de l’ordre international. « Le continent africain ne doit pas être une nouvelle fois la principale victime de la reconfiguration qui s’annonce de l’ordre mondial », a-t-il déclaré, tout en soulignant le long chemin à parcourir pour réparer les injustices historiques subies par l’Afrique.

Pour lui, cette rencontre n’est pas seulement une manifestation économique mais « une prise de conscience collective de la nécessité d’édifier un continent intégré, à la volonté forte et constituant un acteur agissant dans son environnement régional et international ». Il a assuré que l’Algérie entend jouer pleinement son rôle dans cette dynamique, rappelant les grands projets d’infrastructures continentales portés par le pays : la route transsaharienne, le gazoduc Nigeria-Algérie, la ligne de fibre optique et le projet ferroviaire de l’extrême-sud.

Par Drissa Ouattara depuis Alger

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