Hydrocarbures : les pays membres de l’OPEP+ s’apprêtent à augmenter leur production de 137 000 barils par jour à partir d’octobre 2025

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés, réunis sous la bannière OPEP+, s’apprêtent à augmenter leur production de 137 000 barils par jour à partir d’octobre 2025. Cette décision marque le début du retour progressif des 1,66 million de barils retirés du marché et dont la remise en circulation n’était initialement pas prévue avant fin 2026, selon Bloomberg.

Elle intervient quelques semaines seulement après que le groupe, dominé par l’Arabie saoudite et la Russie, a surpris les marchés en accélérant la réintroduction de 2,2 millions de barils par jour de production, un an plus tôt que prévu. Mais l’impact réel pourrait être plus limité que les chiffres annoncés : certains membres de l’OPEP+ doivent compenser une offre excédentaire passée ou ne disposent tout simplement pas de capacités de réserve suffisantes.

Cette stratégie illustre les tensions qui traversent le marché pétrolier mondial. Alors que plusieurs analystes avertissent d’un excédent imminent d’offre, les cours sont restés tendus au cours de l’été dans l’hémisphère nord. Pour les pays producteurs dépendants de prix élevés, l’ajustement décidé pourrait représenter un défi supplémentaire.

Au Nigeria, principal producteur africain, la question de la production reste centrale. Le pays a enregistré en juillet une moyenne de 1,507 million de barils par jour, dépassant pour le deuxième mois consécutif son quota fixé par l’OPEP. Toutefois, ce redressement ne suffit pas à masquer des difficultés persistantes : vols massifs de brut, manque d’investissements dans les infrastructures et oléoducs régulièrement endommagés. Ces handicaps freinent la capacité du pays à exploiter tout son potentiel.

Le président Bola Tinubu s’est récemment félicité d’avoir atteint les objectifs de revenus en août, attribuant cette performance davantage aux exportations non pétrolières qu’à la manne du brut. De son côté, la compagnie pétrolière nationale NNPC Limited assure que la coopération renforcée entre services de renseignement et forces de défense a quasiment éradiqué le siphonnage du pétrole brut par pipeline. Une avancée majeure si l’on considère qu’il y a trois ans, seuls 30 % du brut transporté par certains oléoducs parvenaient aux terminaux d’exportation, occasionnant des pertes colossales.

Malgré ces progrès, la conjoncture mondiale n’est pas favorable au Nigeria. Le baril de WTI américain a reculé cette semaine de 1 % à 63,40 dollars, tandis que le Brent s’est établi à 67 dollars, tous deux en deçà du prix de référence de 75 dollars inscrit dans le budget 2025 du pays.

Par Amhed Coulibaly

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