Les cours du cacao connaissent une nouvelle poussée haussière sur les marchés internationaux, portés par les inquiétudes météorologiques en Afrique de l’Ouest, principale zone de production mondiale. À la Bourse de New York, la tonne s’est établie à 7 420 dollars au cours de la semaine écoulée, après avoir touché un plancher de 52 semaines quelques jours plus tôt. Cette remontée survient alors que le marché avait atteint un record historique en décembre 2024, à 12 646 dollars la tonne.
En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, des précipitations excessives ont perturbé les activités agricoles et ralenti l’acheminement du cacao vers les ports. À l’inverse, le Ghana et le Nigeria subissent un déficit de pluies, entraînant le flétrissement des cabosses et la propagation de la maladie de la cabosse noire, favorisée par des conditions froides et sèches. Le Commodity Weather Group indique que les 60 derniers jours ont été les plus secs depuis 1979 pour la région, une situation préoccupante à l’approche de la grande récolte d’octobre.
Les analystes de Rabobank notent également une baisse de qualité de la mi-récolte ivoirienne, récoltée jusqu’en septembre, en raison des pluies tardives. Traditionnellement plus modeste que la grande récolte, cette campagne intermédiaire est cruciale pour assurer l’équilibre du marché. Cette année, sa production est estimée à 400 000 tonnes, soit une baisse de 9 % par rapport aux 440 000 tonnes de l’an dernier.
Le Nigeria, cinquième producteur mondial, devrait lui aussi enregistrer un repli de sa production. Selon l’Association nigériane du cacao, les volumes pour 2025-2026 s’élèveront à 305 000 tonnes, en recul de 11 % par rapport aux 344 000 tonnes attendues sur la campagne en cours.
La tension sur l’offre se reflète dans les stocks surveillés par l’ICE aux États-Unis, tombés à 2,1 millions de sacs, leur plus bas niveau en quatre mois. Cette contraction alimente mécaniquement la hausse des prix, malgré les inquiétudes liées à la demande mondiale.
En effet, les industriels du chocolat commencent à ressentir le contrecoup de la flambée du cacao. Lindt & Sprüngli a abaissé ses prévisions de marge en juillet, invoquant une baisse inattendue des ventes au premier semestre. Barry Callebaut a, de son côté, réduit ses prévisions de volumes pour la deuxième fois en trois mois, anticipant un recul annuel.
Pris en étau entre l’offre incertaine en Afrique de l’Ouest et une demande fragilisée par des prix historiquement élevés, le marché du cacao s’installe ainsi dans une zone de forte volatilité. Les prochains mois, marqués par le démarrage de la grande récolte ivoirienne, seront déterminants pour la trajectoire des cours mondiaux.
Par Drissa Ouattara


