Le Ghana et le Niger ont renouvelé leur partenariat économique en signant à Accra un nouveau protocole d’accord destiné à lever les obstacles persistants sur le corridor de transit et à renforcer l’efficacité du transport maritime transfrontalier. Cet engagement marque une nouvelle étape dans la coopération commerciale entre les deux pays, vieille de plusieurs décennies.
La cérémonie de signature s’est tenue au siège de l’Autorité des chargeurs du Ghana (Ghana Shippers’ Authority, GSA). Son directeur général, le professeur Ransford Gyampo, a salué un accord « opportun » face aux difficultés que rencontrent encore les opérateurs de transport en commun. Parmi ces défis figurent la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le fret en transit, l’opacité dans la gestion des marchandises, les multiples points de contrôle, les cas d’extorsion, les problèmes de charge par essieu et les risques de sécurité. Autant de contraintes qui, selon lui, « augmentent le coût des affaires et réduisent la compétitivité des opérateurs commerciaux ».
Le professeur Gyampo a également mis en avant la création d’une base de données issue de l’exercice d’enregistrement des transporteurs, jugé crucial pour assainir le système de transit, renforcer la transparence et réduire les mauvaises pratiques. Cette base sera partagée avec le Conseil des chargeurs du Niger afin d’améliorer la coordination et de consolider la confiance mutuelle entre les deux institutions.
Le responsable ghanéen a par ailleurs évoqué les investissements en cours, notamment le terminal logistique intégré de Boankra (BILT), destiné à desservir le nord du Ghana ainsi que les pays enclavés voisins, dont le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Une fois opérationnel, ce terminal devrait permettre une réduction des coûts de transport de 14 % pour le fret transitant par le port de Tema et jusqu’à 48 % pour celui passant par le port de Takoradi. Ce projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale d’« économie 24 heures sur 24 », qui vise à accroître la productivité et la compétitivité des secteurs logistiques et industriels.
Le nouveau protocole engage les deux pays à collaborer sur plusieurs axes : échange d’informations, harmonisation douanière, suivi des cargaisons par les TIC, recherche, formation des expéditeurs et développement des infrastructures. Un comité technique sera mis en place pour assurer le suivi de sa mise en œuvre et le règlement des différends éventuels.
Depuis les premiers accords signés en 2000, 2007 et 2018, le Ghana et le Niger n’ont cessé d’approfondir leur partenariat dans le domaine du commerce de transit. Ce nouvel engagement vise à adapter leur coopération aux réalités actuelles du commerce régional et à consolider la position du Ghana comme une plaque tournante logistique majeure en Afrique de l’Ouest.
Par Amhed Coulibaly


