Réunis en conseil des ministre le mercredi 31 décembre 2025 à Niamey, l’exécutif nigérien a examiné et validé les grandes lignes du budget 2026. Adopté sous forme d’ordonnance portant loi de finances pour l’année budgétaire 2026, le Niger engage un volume global de 2 922 milliards FCFA. De ce montant, 1 119 milliards seront spécifiquement alloués aux investissements et aux infrastructures.
Selon le compte rendu de la rencontre gouvernementale, le cadrage repose sur des hypothèses de performance agricole soutenue, portées par les programmes de soutien à la campagne agricole et pastorale et par l’intensification de la production irriguée. Les autorités tablent également sur la poursuite de l’exportation du pétrole brut avec une hausse notable de la production journalière en 2026, la montée en puissance de l’uranium avec l’entrée en production de la SOMIDA, ainsi qu’une croissance moyenne de 5,2 % dans l’or sur la période 2026-2028. Le développement des zones économiques spéciales à Niamey et Maradi complète ces leviers structurels.
En plus, des dispositions fiscales et sociales ont été intégrées à la loi de finances afin d’amortir les tensions sur le pouvoir d’achat tout en élargissant la base contributive. L’exonération de la TVA sur les produits de première nécessité – lait, mil, maïs, riz, médicaments, gaz butane – ainsi que sur les services liés à l’éducation et à la santé, constitue l’un des principaux instruments de soutien aux ménages. En parallèle, la création d’une taxe sur les transferts d’argent, y compris électroniques, et l’instauration d’un impôt progressif sur les salaires allant de 1 % à 35 % renforcent la dynamique de mobilisation des recettes.
La discipline budgétaire est, en outre, un autre axe prioritaire : tout paiement supérieur à 2 millions FCFA devra transiter par le système bancaire, tandis que les contrôles fiscaux seront intensifiés avec un régime de sanctions durci pour lutter contre la fraude et sécuriser les ressources publiques. Les secteurs de l’énergie, de la sécurité et de l’aménagement du territoire bénéficient d’enveloppes ciblées, destinées à moderniser les infrastructures, renforcer la stabilité et soutenir un développement territorial équilibré.
En rappel, l’adoption de l’Ordonnance n° 2025-44 du 31 décembre 2025, portant loi de finances 2026, intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique globale.
Par David Yaméogo


