Le Plan national de développement « Relance » 2026-2030 s’appuie sur un cadrage macroéconomique structuré autour de deux hypothèses : un scénario de référence et un scénario volontariste. Le premier prolonge les orientations du PND 2021-2025, sans inflexion majeure de politique économique, et projette une croissance moyenne annuelle de 6,1 % sur la période 2026-2030, contre 4,6 % sur le cycle précédent. Le second, aligné sur les ambitions de la Révolution progressiste populaire (RPP), table sur une transformation structurelle de l’économie, avec un taux de croissance porté à 7,2 % en moyenne annuelle.
Ce scénario volontariste repose sur une dynamique accrue de la production intérieure, l’accélération de la transformation industrielle des matières premières locales, la structuration d’une économie minière davantage intégrée au tissu national et le renforcement des infrastructures économiques. Les leviers identifiés concernent notamment une progression annuelle de 8,4 % de la production céréalière, soutenue par les initiatives présidentielles et l’offensive agropastorale, une hausse de 18,2 % de la production cotonnière ainsi qu’une intensification des cultures de rente telles que le sésame et l’anacarde. La production aurifère devrait croître de 5,6 % par an, tirée par l’extension des capacités existantes, l’entrée en exploitation de nouvelles mines et une meilleure organisation de l’artisanat minier.
Sur le plan sectoriel, la trajectoire de croissance projetée se traduit par un renforcement du secteur réel. Selon les projections du PND, le secteur primaire enregistrerait une progression moyenne annuelle de 7,2 % de sa valeur ajoutée. Ces performances résulteront de la poursuite des efforts de mécanisation de l’agriculture, de l’amélioration de l’accès aux intrants, du développement des agropoles ainsi que de l’extension des superficies irriguées.
Concernant l’élevage, les actions inscrites dans le PND concerneront la lutte contre les maladies prioritaires, la mise en place d’unités de production de vaccins et le développement d’infrastructures de transformation des produits animaux, avec un appui complémentaire de la pêche et de l’aquaculture.
Au titre du secteur secondaire, le plan Relance prévoit une croissance moyenne de 9,3 % par an, sous l’effet du dynamisme minier et de la montée en puissance des activités manufacturières fondées sur la transformation locale. Les investissements dans les infrastructures routières, énergétiques et sociales, ainsi que les grands chantiers de bitumage et d’entretien, contribueraient à renforcer la base productive.
Quant au secteur tertiaire, il progresserait de 5 % en moyenne annuelle, porté par les services financiers, les transports, les télécommunications, le commerce, le tourisme et l’hôtellerie. L’amélioration du climat des affaires et la modernisation des infrastructures de commerce et de communication devraient soutenir cette dynamique.
En termes d’emplois du PIB, la croissance serait principalement tirée par l’investissement, en hausse de 5,3 %, et la consommation finale, en progression de 9 %. Le taux d’investissement atteindrait en moyenne 24 % du PIB sur la période, en lien avec la concrétisation des projets structurants.
S’agissant des prix, l’inflation moyenne annuelle serait maintenue en dessous de la norme communautaire de 3 % fixée par l’UEMOA. Les autorités entendent agir sur l’offre à travers l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire et l’Offensive agropastorale et halieutique, afin d’accroître les disponibilités céréalières. Des mesures administratives sont également prévues, notamment l’interdiction d’exporter certaines céréales de grande consommation et le contrôle régulier des prix des produits essentiels.
À cet effet, la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS), dont les prérogatives ont été élargies, joue désormais un rôle de centrale d’achat et de commercialisation des produits agro-sylvo-pastoraux pour réguler les marchés. Par ailleurs, la société publique « Faso Yaar » est chargée de la distribution de produits de grande consommation à prix sociaux.
Sur le volet des finances publiques, les recettes totales progresseraient de 12,3 % en moyenne annuelle pour atteindre 22,2 % du PIB. Cette performance reposerait sur le renforcement de la mobilisation des ressources internes, la digitalisation de l’administration fiscale et douanière, l’amélioration de l’efficacité des régies de recettes et l’intensification de la lutte contre la fraude et la corruption. Entre 2025 et 2030, le taux de pression fiscale connaîtrait une progression notable, passant de 17,1 à 20,6 %.
L’investissement public atteindrait 12 494,9 milliards FCFA sur la période, avec un ratio passant de 8,9 % du PIB en 2026 à 12,6 % en 2030. Les charges seraient contenues à une moyenne de 14 % du PIB, dominées par la masse salariale (6,6 % du PIB), les subventions et dons aux entreprises publiques (3,5 %) et le service de la dette (1,9 %).
Au cours de ces cinq années de mise en œuvre du PND, les autorités projettent une maîtrise du déficit budgétaire qui devrait se situer autour de 3 % du PIB en moyenne. Ce niveau est conforme à l’objectif de consolidation à moyen terme. Le ratio masse salariale sur recettes fiscales s’établirait à 34,5 % en moyenne, sous le seuil repère de 35 %.
Sur cette période, la dette publique totale suivrait également une trajectoire descendante, avec un encours rapporté au PIB passant de 53,1 % en 2025 à 47,7 % en 2030. Cette amélioration serait imputable à la vigueur de la croissance et à la maîtrise du déficit. Selon les projections, le risque de surendettement demeurerait modéré.
Enfin, le compte extérieur afficherait un excédent des transactions courantes équivalant à 12,2 % du PIB en moyenne sur la période. Le solde global de la balance des paiements serait également excédentaire, à hauteur de 3 % du PIB. Les exportations progresseraient de 10,1 % par an, soutenues par l’or et les principaux produits agricoles d’exportation, tandis que les importations augmenteraient de 3,5 % en moyenne, principalement du fait des biens d’équipement.
Par David Yaméogo


