Parcours Inspirant 2 : les jeunes professionnels du secteur bancaire et financier à l’école d’Audrey Kambiré, Dr Constantin Dabiré, Madeleine Dieng et Mamadou Sanon

Le deuxième numéro de « Parcours inspirant », organisé par le Club Jeunes de la banque et des finances (JBF), a offert une tribune de partage d’expérience enrichissante entre aînés et jeunes professionnels. Pour cette édition tenue le samedi 07 mars 2026 à Ouagadougou, sous le thème « Leadership bancaire et financier en contexte fragile, incompréhensible et anxiogène », quatre personnalités étaient à l’honneur pour expliquer leur parcours.

Parmi celles-ci, Audrey Kambiré, directrice générale de Faso Crédit, une institution de microfinance créée il y a bientôt trois ans. Son parcours, dit-elle, débute après l’obtention d’une maîtrise en sciences de gestion à l’Université de Ouagadougou, actuelle Université Joseph Ki-Zerbo. « J’ai pu intégrer la Banque Atlantique Burkina à la direction de la clientèle d’entreprise. Puis je passe aux différents services : PME-PMI, chef de service grande entreprise », a-t-elle souligné.

Audrey Kambiré, directrice générale de Faso Crédit

Après 9 ans passés dans cette banque, Mme Kambiré décide de sortir de sa zone de confort et de saisir les opportunités qui se sont présentées. À la faveur de l’installation de Witti Finances Burkina, une institution de méso-microfinance, elle est appelée au poste de directrice de l’exploitation commerciale. Dans un environnement où les défis sont multiples, elle dit avoir appris et forgé son caractère, ce qui a concouru à sa récente nomination à la tête de Faso Crédit. « C’est aussi un challenge de pouvoir consolider cette institution. La microfinance est un secteur qui aujourd’hui a été réformé. Il se veut plus professionnel en matière de réglementation et cela demande des dirigeants qui ont la capacité de prendre des décisions plus ou moins difficiles », a-t-elle ajouté.

Pour Mme Kambiré, la formation continue est l’un des éléments essentiels pour un banquier afin de rester au parfum des évolutions. Elle a en outre appelé les jeunes à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes et à croire en leurs capacités. « On a toujours deux regards : il y a le regard que les autres ont sur nous, et il y a le regard que nous-mêmes portons sur nous. Même si on ne vous fait pas confiance, ayez confiance en vous-même. Soyez audacieux », a lancé la directrice générale de Faso Crédit.

D’agent commercial à PDG d’une SGI : le parcours inspirant de Dr Dabiré

Prenant la parole à son tour, Dr Constantin Dabiré, président-directeur général de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF), a présenté un parcours assez atypique. D’agent commercial en 1996 à enseignant dans les universités privées en 1999, il a progressivement tracé son chemin dans le secteur bancaire et financier. « Agent commercial à l’époque, je pédalais sur mon VTT à la recherche de marchés à Ouagadougou, souvent sous la pluie. J’ai fait cela pendant deux années. Et après, je me suis rendu compte que le commercial, en son temps, ne nourrissait pas son homme au Burkina », a-t-il expliqué.

Entré en banque, M. Dabiré a assuré la comptabilité avant de se retrouver chef d’agence hors de la capitale. « Et dans ce processus, je me suis retrouvé après à l’international dans une banque internationale où j’ai travaillé essentiellement dans le domaine des projets pendant pratiquement 12 ans », a-t-il poursuivi, insistant sur la nécessité de se former continuellement. « J’ai eu la chance de faire 3 thèses de doctorat. C’était vraiment pour des challenges personnels », a-t-il noté.

Dr Constantin Dabiré, président-directeur général de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF)

Après six années passées à la Primature en qualité de conseiller, Dr Dabiré décide alors de s’installer à son propre compte. D’où la naissance de la SA2IF. « Ce que je retiens comme devise, c’est transformer l’adversité en opportunité. Pour moi, il n’y a pas de parcours tracé. Au gré des événements, on crée son chemin », a déclaré le PDG Dabiré, qui souligne que le plus important est d’apprendre et d’accepter de prendre des risques.

S’adressant aux jeunes, il a déclaré que le leader est celui qui a la capacité d’anticipation. « Revenant un peu sur le métier bancaire, on voit qu’il est en train de se révolutionner. Qu’est-ce que vous allez faire dans la banque de demain ? Quelles sont les activités du futur ? », a-t-il questionné, invitant les jeunes professionnels à se préparer afin d’embrasser ce futur.

Madeleine Dieng : la femme aux multiples casquettes

La troisième personnalité à expliquer son parcours est Madeleine Dieng, actuellement directrice de la supervision des succursales CBAO au Burkina, au Niger et au Bénin. « J’ai débuté ma carrière en 1996. Après l’obtention de mon master en gestion des ressources humaines, j’ai intégré un cabinet de conseil à Paris pour travailler sur le conseil en organisation », a-t-elle affirmé.

Madeleine Dieng, directrice de la supervision des succursales CBAO au Burkina, au Niger et au Bénin

Un an plus tard, Mme Dieng rentre au Sénégal pour occuper le poste de responsable RH au sein de CBAO Group. Depuis près de 30 ans, elle a gravi plusieurs échelons au sein de la banque en occupant successivement les postes de chargée des affaires juridiques, responsable qualité culture-client puis directrice de la communication.

Selon elle, le leader est celui qui accepte de sortir de sa zone de confort pour affronter les défis de son milieu. « Ce sont des défis et quand on veut les relever, il faut savoir également investir en soi-même en termes de connaissances et de compétences », a-t-elle précisé, ajoutant que le leader bancaire doit également faire preuve de rigueur.

Des salles de classe à la banque

Quant à Mamadou Sanon, il a rappelé que le début modeste n’est pas un handicap. Il est actuellement le directeur zone Afrique centrale de Coris Holding. « Il y a 30 ans, si on me disait qu’un professeur vacataire de mathématiques et de comptabilité dirigerait des banques dans plusieurs pays, je n’aurais pas cru », a-t-il indiqué d’entrée de jeu.

La première étape de sa carrière, dit-il, concerne l’entrée en banque. « Je dirais en ce moment que mes diplômes m’ont permis d’entrer en banque, mais ce sont mes formations qui m’ont permis d’y rester. Parce que les diplômes seuls ne suffisent pas », a fait savoir M. Sanon, reconnaissant l’importance de la formation continue.

D’analyste de crédit à leader, l’actuel directeur zone de Coris Holding a su bâtir sa carrière au fil du temps. « Il faut travailler en équipe, parce que vous êtes jugé sur la performance de votre équipe, et non sur votre performance », a-t-il martelé. Évoquant la dimension panafricaine de son parcours, Mamadou Sanon a laissé entendre que l’Afrique n’est pas homogène, mais un continent avec des différences en matière de cultures managérières et de priorités sectorielles.

Mamadou Sanon, directeur zone Afrique centrale de Coris Holding

En termes de conseils adressés aux participants, M. Sanon a cité entre autres la formation comme un investissement à vie, l’éthique comme un capital invisible mais très décisif dans la banque et le leadership adossé à une discipline personnelle. « Enfin, il faut accepter la mobilité et l’inconfort par moment, qui peut accélérer votre carrière », a-t-il lancé.

Photo de famille

La mobilité, de son point de vue, élargit la vision, permet d’être résilient et développe la capacité d’adaptation. Quant à l’inconfort, il est un révélateur des limites. « Au début on gère des tâches, après on gère des équipes, puis on porte une institution et enfin, on façonne un héritage. Visez l’excellence partout où vous serez, même si personne ne vous regarde. Formez-vous, restez intègres, transformez tout ce que vous touchez en résultats durables. Retenez ceci : votre génération n’a pas à nous envier ni à nous imiter. Vous pouvez aller plus loin avec plus d’impact pour l’Afrique », a conclu Mamadou Sanon.

Par Léon Yougbaré

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