Programme d’accompagnement des entrepreneurs africains : Forte de 384 bénéficiaires au Burkina, la Fondation Tony Elumelu veut toucher davantage de jeunes Burkinabè

La Fondation Tony Elumelu (TEF), en partenariat avec United Bank for Africa (UBA) Burkina et le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, a organisé, le jeudi 23 juillet 2026 à Ouagadougou, une rencontre d’information consacrée à l’entrepreneuriat vert. L’objectif était de mieux faire connaître son programme d’accompagnement des entrepreneurs africains, d’en expliquer les modalités d’accès et d’encourager davantage de jeunes Burkinabè à y participer.

Cette initiative intervient dans un contexte où le Burkina Faso compte encore un nombre relativement limité de bénéficiaires comparativement à son potentiel entrepreneurial. À travers cette campagne de sensibilisation, la Fondation entend améliorer la connaissance de son programme, renforcer la qualité des candidatures et développer son partenariat avec les autorités burkinabè afin de toucher un plus grand nombre de jeunes porteurs de projets.

Selon Monsieur Serge Patrick Coulibaly, Directeur Général Adjoint de UBA Burkina, représentant la Directrice Générale « La rencontre d’aujourd’hui s’inscrit dans la stratégie de la Fondation Tony Elumelu de soutenir les économies africaines à travers le financement et la formation de jeunes entrepreneurs ».

Serge Patrick Coulibaly, Directeur Général Adjoint de UBA Burkina, représentant la Directrice Générale

Il a rappelé que UBA assure le relais des activités de la Fondation au Burkina Faso, où celle-ci ne dispose pas d’une représentation permanente, afin de rapprocher le programme des jeunes entrepreneurs et d’assurer la continuité de ses actions.

Plus de 100 millions de dollars mobilisés depuis 2015

Créée en 2010, la Fondation Tony Elumelu a fait de l’entrepreneuriat son principal levier d’action à partir de 2015, année du lancement de son programme d’entrepreneuriat destiné aux jeunes Africains.

La Directrice du marketing et de la communication de marque de la Fondation, Madame Chidinma Nwaukua, a précisé que cette orientation est née de la conviction de son fondateur Monsieur Tony Elumelu, selon laquelle les entrepreneurs africains constituent le principal moteur d’un développement durable du continent. « Notre fondateur croit fermement que les jeunes entrepreneurs africains sont la clé du développement durable du continent. C’est pourquoi il a investi 100 millions de dollars de ses ressources personnelles afin de soutenir les jeunes entrepreneurs africains », a-t-elle indiqué.

La Directrice du marketing et de la communication de marque de la Fondation, Madame Chidinma Nwaukua

Depuis le lancement du programme, la Fondation affirme avoir accompagné plus de 24 000 entrepreneurs dans les 54 pays africains grâce à un dispositif qui combine financement, formation, mentorat et accompagnement technique.

Au Burkina Faso, plusieurs centaines d’entrepreneurs ont déjà bénéficié de ce soutien. Lors de la cérémonie, Madame Jacqueline Ilboudo/Kaboré, conseillère technique représentant Madame la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, a révélé que 384 entrepreneurs burkinabè avaient été accompagnés par la Fondation. Selon les données communiquées, ces entreprises ont contribué à la création de plus de 39 000 emplois et généré plus de 11 millions de dollars de revenus.

Un programme ouvert à tous les secteurs et centré sur le potentiel des entrepreneurs

La Fondation Tony Elumelu a profité de cette rencontre pour expliquer en détail le fonctionnement de son programme d’entrepreneuriat, conçu pour accompagner les jeunes Africains à chaque étape de la création ou du développement de leur entreprise.

Contrairement à de nombreux dispositifs d’appui qui se limitent à l’octroi d’un financement, le programme de la TEF repose sur un accompagnement complet. Les entrepreneurs sélectionnés bénéficient d’une formation en gestion d’entreprise, d’un mentorat assuré par des experts et chefs d’entreprise expérimentés, d’un accès à un réseau de milliers d’entrepreneurs africains ainsi que d’une subvention pouvant atteindre 5 000 dollars destinée à soutenir le lancement ou le développement de leur activité.

« Au-delà du financement, nous croyons également au mentorat, au renforcement des capacités et à la création de plateformes qui permettent aux entrepreneurs, aux gouvernements, au secteur privé et aux partenaires de développement d’échanger sur les solutions à apporter aux défis de l’entrepreneuriat en Afrique », a expliqué Madame Chidinma Nwaukua, Directrice du marketing et de la communication de marque de la Fondation Tony Elumelu.

Le programme s’adresse à tous les Africains âgés d’au moins 18 ans. Les candidats peuvent postuler avec une simple idée de projet ou avec une entreprise déjà créée, à condition que celle-ci ait moins de cinq ans d’existence. « Même si votre entreprise est stade d’idée de projet, vous pouvez postuler avec. Vous pouvez également présenter une entreprise existante de moins de cinq ans », a-t-elle précisé.

Autre particularité du programme, aucun secteur d’activité n’est exclu. Agriculture, élevage, industrie, économie verte, énergie, numérique, artisanat, musique, communication ou services : tous les projets peuvent être soumis à la Fondation, à condition de présenter un potentiel de développement.

La responsable de la communication de marque de la fondation a toutefois insisté sur un point essentiel : la sélection ne repose pas sur l’expérience professionnelle du candidat. « Nous ne regardons pas si vous avez de l’expérience. Ce que nous voulons savoir, c’est si vous comprenez réellement le projet avec lequel vous postulez, si vous maîtrisez votre secteur d’activité et si vous êtes capable d’expliquer les besoins auxquels votre entreprise répond », a-t-elle affirmé.

Les candidatures sont ouvertes chaque année du 1er janvier au 1er mars sur la plateforme numérique www.tefconnect , qui centralise les dossiers provenant des 54 pays africains. Le site met également à la disposition des candidats une foire aux questions ainsi que des informations pratiques pour faciliter la préparation des dossiers.

La Fondation précise également que les Africains vivant hors du continent peuvent postuler, à condition que leur entreprise soit implantée en Afrique. Il n’existe par ailleurs aucune limitation du nombre de candidatures enregistrées chaque année.

Chaque édition attire un nombre particulièrement élevé de postulants. À en croire Madame Chidinma Nwaukua, entre 200 000 et 300 000 candidatures sont reçues chaque année à l’échelle du continent.

Afin de garantir la transparence du processus, la sélection finale est confiée au cabinet international Ernst & Young (EY), indépendant de la Fondation. Après une première présélection, ce cabinet évalue la viabilité économique des projets, la motivation des candidats ainsi que leur engagement réel dans l’entrepreneuriat.

La Fondation souhaite également renforcer la participation des femmes. Elle organise régulièrement des ateliers d’information avec des ministères, des associations et des organisations spécialisées afin d’accompagner davantage de femmes entrepreneures dans la préparation de leur candidature. « Nous encourageons fortement les femmes à postuler. Cela fait partie de notre mission et nous travaillons avec différents réseaux afin qu’elles soient plus nombreuses à bénéficier de notre programme », a souligné Madame Chidinma Nwaukua.

Le gouvernement veut faire de l’entrepreneuriat vert un levier de développement

La représentante du ministre des sports a insisté plus particulièrement sur l’entrepreneuriat vert, présenté comme une réponse aux défis économiques et environnementaux auxquels le Burkina Faso est confronté. « L’entrepreneuriat vert constitue un outil d’émancipation collective et de résilience face aux défis environnementaux et climatiques qui entravent le développement de nos nations », a-t-elle déclaré au nom de Madame la Ministre. Elle a également réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer les partenariats favorisant l’accès au financement, la formalisation des entreprises, le renforcement des capacités entrepreneuriales et l’amélioration de l’environnement des affaires.

Jacqueline Ilboudo/Kaboré la représentante du ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi

Sélectionnée en 2019, Chantal Naré illustre l’impact du programme. Découvert via les réseaux sociaux, le dispositif lui a permis de bénéficier de formations, de coaching et de mentorat avant d’obtenir un accompagnement financier de 5 000 dollars pour le lancement de son projet.

Chantal Naré, bénéficiaire du programme

Pour cette entrepreneure Burkinabè, le principal apport du programme réside dans l’accompagnement reçu. Les formations en marketing, communication, fiscalité, comptabilité et gestion lui ont permis de mieux structurer son entreprise et de repositionner son activité sur le marché. Le programme lui a également offert l’opportunité d’élargir son réseau professionnel à travers des échanges avec d’autres entrepreneurs africains.

« Ces connexions permettent de grandir, de voir l’entreprise autrement et d’apprendre des expériences des autres », a-t-elle conclu.

Par Bernadette W.Gansonré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet