Le gouvernement ghanéen a décidé d’interdire le transit terrestre de plusieurs catégories de marchandises afin de renforcer les contrôles aux frontières et de limiter les pertes de recettes publiques. La mesure a été annoncée par le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, à l’issue d’une réunion consacrée à l’examen de récents incidents et à l’évaluation des vulnérabilités constatées aux frontières.
Neuf catégories de produits essentiels ne pourront plus entrer au Ghana ni transiter par ses frontières terrestres. Il s’agit de l’huile de cuisson, du riz, du sucre, des produits surgelés, des textiles, de la farine, de la tomate en conserve, des pâtes ou des spaghettis ainsi que des produits pharmaceutiques. Ces marchandises devront désormais être acheminées exclusivement par les ports maritimes du pays.
L’un des éléments déclencheurs de cette décision remonte à une récente opération conjointe menée par la division des douanes de l’Autorité fiscale du Ghana et les services de sécurité nationale. Au cours de cette intervention, les autorités ont intercepté douze camions articulés transportant de grandes quantités de marchandises considérées comme représentant une perte importante pour les finances publiques. Les cargaisons comprenaient notamment de l’huile de cuisson, des spaghettis et de la pâte de tomates.
Au total, les camions interceptés transportaient 44 055 colis de produits divers. L’évaluation menée par les douanes a estimé que les pertes fiscales potentielles pour l’État s’élevaient à 85,31 millions de cedis ghanéens, soit bien plus que l’estimation initiale qui s’élevait à 2,6 millions de cedis. Cette découverte a renforcé les inquiétudes du gouvernement concernant l’efficacité du système actuel de contrôle des marchandises en transit.
Les premières investigations ont également révélé que les douze camions interceptés faisaient partie d’un convoi plus important de dix-huit véhicules. Ces derniers avaient été bloqués électroniquement dans le système douanier à l’un des points d’entrée terrestres d’Akanu, situé dans le district de Ketu Nord. Cet épisode a mis en évidence les limites du dispositif de suivi des cargaisons et la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance.
La décision du gouvernement s’inscrit également dans la continuité d’une première mesure adoptée quelques semaines plus tôt. En février, les autorités avaient déjà interdit le transit terrestre de quantités commerciales d’huile de cuisson à travers les frontières du pays. Cette restriction faisait suite à une visite d’inspection menée par des responsables du ministère des Finances dans plusieurs postes frontaliers situés dans la municipalité de Ketu Sud et dans le district de Ketu Nord.
Pour le Ghana, l’objectif principal de la nouvelle directive est d’éliminer les failles associées au transit terrestre et de renforcer la traçabilité des marchandises entrant dans le pays. En obligeant les importations concernées à passer par les ports maritimes, le gouvernement espère garantir que l’ensemble des droits et taxes soient correctement évalués et perçus.
Dans le même temps, le ministre des Finances a ordonné la recentralisation du Bureau des services techniques des douanes afin de créer un guichet unique chargé de l’évaluation des cargaisons. Cette réforme vise à améliorer la coordination entre les différentes unités de la division des douanes et à renforcer le partage d’informations.
La réforme prévoit aussi une meilleure exploitation des données générées par le système d’intelligence artificielle Publican utilisé par les douanes. Ce système doit permettre d’améliorer la détection des irrégularités et d’optimiser le suivi des opérations douanières. Le gouvernement espère ainsi renforcer la capacité de contrôle et améliorer le respect des règles par les opérateurs économiques.
Le ministre des Finances a enfin donné instruction à l’ensemble des départements et unités concernés au sein de la division des douanes de veiller à l’application stricte des nouvelles directives avec effet immédiat. Cela devrait permettre de renforcer la sécurité aux frontières, de mettre fin aux pertes de recettes liées au transit irrégulier de certaines marchandises et de préserver les ressources financières de l’État.
Par Bernadette W. Gansonré


