Finance agricole : l’Expert Dominique Tamini publie un ouvrage de 121 pages proposant des solutions pour mieux financer l’agriculture au Burkina Faso

Comment financer une agriculture capable de soutenir durablement la croissance économique du Burkina Faso ? C’est à cette question que tente de répondre Dominique Tamini dans son deuxième ouvrage, La finance agricole : un moteur de développement endogène, présenté en dédicace ce samedi 27 juin 2026 à Ouagadougou.

Expert senior en finance et microfinance, économiste agricole et gestionnaire de projets, l’auteur propose, à travers ce livre de 121 pages réparties en neuf chapitres, une réflexion approfondie sur les mécanismes de financement susceptibles d’accompagner la transformation du secteur agricole.

L’ouvrage est né d’un constat forgé au fil du parcours professionnel de l’auteur, mais également d’une expérience marquante vécue lors d’une formation en finance agricole suivie au Kenya en 2024. Au cours de cette immersion, Dominique Tamini observe que des producteurs évoluant dans des conditions similaires à celles du Burkina Faso obtiennent pourtant de meilleurs résultats grâce à des dispositifs de financement mieux adaptés et une meilleure organisation des chaînes de valeur. Cette réalité l’amène à s’interroger sur les leviers qui doivent permettre au Burkina de transformer son agriculture à partir de ses propres ressources. « Lorsque nous sommes allés au Kenya, nous avons rencontré des producteurs qui vivent pratiquement les mêmes réalités que les nôtres. Pourtant, leur niveau de développement était différent. Je me suis demandé ce qui faisait cette différence. La réponse m’a conduit à écrire sur la thématique », a expliqué l’auteur.

Dans cet ouvrage, Dominique Tamini défend l’idée selon laquelle la finance agricole ne doit plus être perçue comme un simple instrument d’accompagnement, mais comme un véritable moteur de développement économique. « Une agriculture performante ne peut se construire sans des mécanismes de financement adaptés aux réalités des producteurs, capables de partager les risques entre les acteurs et de mobiliser davantage de ressources locales », estime-t-il.

Les acteurs du secteur agricole et de la finance lors de la cérémonie de présentation de l’ouvrage

Les neuf chapitres du livre abordent les principaux enjeux du financement agricole. L’auteur y traite notamment des concepts fondamentaux de la finance agricole, des difficultés d’accès au crédit, du rôle des institutions financières, des exigences prudentielles applicables aux banques et aux systèmes financiers décentralisés, ainsi que des mécanismes permettant de rapprocher les producteurs des structures de financement.

L’ouvrage consacre également d’importants développements à l’assurance agricole, présentée comme un levier essentiel de gestion des risques pour les producteurs. Dominique Tamini y analyse aussi les perspectives offertes par la finance verte, les partenariats public-privé, ainsi que les innovations technologiques telles que la digitalisation des services financiers, l’agritech, la blockchain ou encore les systèmes intelligents d’irrigation.

L’auteur plaide aussi pour une transformation structurelle des politiques agricoles. Il affirme que « le pays dispose des ressources nécessaires pour financer son agriculture, à condition de renforcer ses institutions financières, de mieux structurer les filières agricoles et de favoriser une mobilisation accrue de l’épargne nationale ». Il appelle également à une meilleure répartition des risques entre l’État, les banques, les compagnies d’assurance et les producteurs afin de faciliter l’accès au financement.

Présentant l’ouvrage, le Dr Parfait Ilboudo a salué « un travail qui dépasse le cadre académique pour proposer des pistes concrètes de transformation du secteur agricole ». Il a indiqué que le livre rappelle que la finance agricole constitue un levier stratégique pour stimuler la production, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le développement économique des pays africains.

Dr Parfait Ilboudo, présentateur de l’ouvrage

Le présentateur a mis en avant trois idées fortes. Il s’agit de « la nécessité de considérer la finance agricole comme un moteur de développement plutôt qu’un simple outil de soutien, l’importance de bâtir un modèle de financement davantage fondé sur les ressources locales afin de réduire la dépendance extérieure, et la mise en place de mécanismes de partage des risques entre les pouvoirs publics, les institutions financières et les producteurs ».

De son côté, le représentant des parrains, Fidèle Yaméogo, a salué une publication qui apporte des réponses à une problématique centrale pour les économies africaines. Il a fait savoir que cet ouvrage constitue un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics, les institutions financières, les organisations de producteurs, les chercheurs et les investisseurs du secteur agricole.

Fidèle Yaméogo, le représentant des parrains

Pour sa part, Norbert Soako Kohoun, représentant le patron de la cérémonie, le ministre de la Construction de la Patrie, Mikailou Sidibé, a indiqué que cet ouvrage vient nourrir les ambitions de la politique agricole engagée par les autorités burkinabè, en apportant une réflexion documentée sur les mécanismes de financement du secteur. Il a exprimé le vœu qu’il devienne une référence pour les décideurs, les chercheurs, les étudiants et les professionnels du développement.

Norbert Soako Kohoun, représentant le patron de la cérémonie, le ministre de la Construction de la Patrie

Vendu au prix de 10 000 FCFA, l’ouvrage est disponible dans les librairies Jeunesse d’Afrique, Mercury et Diacfa à Ouagadougou. Des séances de formation et de présentation sont également prévues afin de favoriser son appropriation par les différents acteurs du monde agricole.

Par Bernadette W. Gansonré

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