Fondation Tony Elumelu : 3 200 entrepreneurs africains intègrent la cohorte 2026

La Fondation Tony Elumelu (TEF) a officiellement dévoilé, ce dimanche 22 mars 2026 à Lagos, la liste des 3 200 entrepreneurs retenus pour sa cohorte 2026. La cérémonie a confirmé la montée en puissance d’un programme devenu l’une des références continentales en matière de soutien à l’entrepreneuriat.

La cohorte 2026 repose sur un montage financier partenarial associant capitaux privés et appuis institutionnels internationaux. La part la plus importante, soit 1 751 entrepreneurs, est financée via les filiales du groupe Heirs Holdings – Heirs Energies, Transcorp Power, Transcorp Hotels et United Capital.

Par ailleurs, 1 049 bénéficiaires sont soutenus en partenariat avec la Commission européenne, l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et la Société allemande de coopération internationale (GIZ).

Des enveloppes ciblées complètent ce dispositif : 100 entrepreneurs accompagnés avec Sèmè City, 100 autres avec la Société allemande d’investissement et de développement (DEG), 100 via un partenariat associant la Fondation IKEA, Generation Unlimited de l’UNICEF et le gouvernement néerlandais, et 100, enfin, avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts.

La cohorte affiche des indicateurs d’inclusivité marqués : 51 % des bénéficiaires sont des femmes et 13 % sont des personnes vivant avec un handicap. Les entrepreneurs sélectionnés proviennent de l’ensemble du continent.

Chacun bénéficiera d’un capital d’amorçage non remboursable de 5 000 dollars, d’une formation certifiante, d’un accompagnement par mentorat et d’une intégration dans un réseau panafricain d’investisseurs, avec la possibilité d’accéder à des financements complémentaires pouvant atteindre 50 000 euros, soit 32,8 millions de FCFA.

La cérémonie a été marquée par l’allocution de M. Tony Elumelu, prononcée le jour de son anniversaire. Prenant la parole, il a réaffirmé avec force sa doctrine de l’afrocapitalisme. « Tout ce que nous faisons, c’est participer à la transformation de notre société. Démocratiser la prospérité. Personne d’autre que nous ne développera ce continent », a-t-il indiqué, ajoutant que « notre futur est entre nos mains ».

Appelant à ne pas « trahir la jeunesse africaine », M. Elumelu a rappelé que les succès individuels des entrepreneurs se traduisent directement en transformation collective. Peter Ashade, dirigeant de United Capital, a quant à lui résumé la philosophie du programme en une formule : « le capital est le catalyseur ».

Un processus de sélection rigoureux

Le processus de sélection, présenté par Damilola Aloba, associé chez Ernst & Young, a été conduit en cinq étapes à partir d’un vivier initial de 265 529 candidatures reçues en quatre langues – anglais, français, portugais et arabe. Après un premier filtre d’admissibilité ayant retenu 112 202 dossiers, une évaluation commerciale de base a réduit ce nombre à 60 530 candidats. Cette évaluation, fondée sur la capacité de raisonnement entrepreneurial plutôt que sur des connaissances académiques, teste notamment la reconnaissance des opportunités, les fondamentaux financiers, la prise de décision et l’aptitude à être coaché.

Un examen par des experts indépendants – chaque dossier étudié par trois à cinq évaluateurs – a ensuite ramené le nombre à 26 600, avant qu’une étape de diligence raisonnable et de contrôle qualité, visant notamment à prévenir les fraudes, n’aboutisse à une liste finale de 5 000 candidats, parmi lesquels 3 200 ont été définitivement retenus. Damilola Aloba a souligné que l’ensemble du processus est conduit sous anonymat afin de garantir l’équité et l’uniformité du traitement des candidatures.

La répartition sectorielle de la cohorte 2026 révèle une forte orientation vers l’agriculture et l’agro-industrie, qui captent à elles seules 30,70 % des bénéficiaires, confirmant le rôle stratégique de ce secteur pour la sécurité alimentaire et l’emploi en Afrique. Les technologies de l’information, des logiciels et de l’intelligence artificielle représentent 17,02 % des sélectionnés, devant la mode, l’habillement et les textiles (8,87 %), la transformation des aliments et des boissons (8,66 %) et l’économie verte (6,51 %).

Dix Burkinabè dans la cohorte 2026

Pour le Burkina Faso, dix entrepreneurs figurent parmi les 3 200 lauréats de la cohorte 2026. L’agriculture et l’agro-industrie constituent le secteur le plus représenté, avec cinq bénéficiaires : Kati Kibora, Emmanuel Zagré, Alice Sanou, Alain Savadogo et Agnès Sibidou Ouédraogo.

Les services professionnels comptent deux lauréats, à savoir Yacouba Doumbia et Steve Yonli, tandis que Mazo Kiénou représente le secteur de l’énergie et des technologies propres, Ariel Boro celui des déchets et de l’économie circulaire, et Ali Yaméogo le segment de la mode, de l’habillement et des textiles.

Cette sélection s’inscrit dans la continuité d’un engagement de la TEF envers le pays depuis le lancement du programme d’entrepreneuriat en 2015. Entre cette date et 2025, 374 entrepreneurs burkinabè ont bénéficié de l’accompagnement de la Fondation, pour un volume de financement cumulé de 11,1 millions de dollars, soit environ 6,28 milliards de FCFA.

Sur cette période, l’impact en termes de création d’emplois est estimé à 38 220 postes, témoignant de l’effet multiplicateur d’un programme qui, au-delà du capital d’amorçage, contribue structurellement à l’économie réelle des pays bénéficiaires.

Une décennie d’impact

Lancé en 2015 avec un engagement initial de 100 millions de dollars pour accompagner 10 000 entrepreneurs sur dix ans, le programme de la TEF revendique aujourd’hui l’accompagnement de 24 633 entrepreneurs depuis sa création, avec une répartition entre hommes (54 %) et femmes (46 %).

Sur le plan géographique, le Nigeria demeure le premier bénéficiaire avec 9 229 entrepreneurs financés, suivi du Mali (2 995), de l’Ouganda (1 464), du Kenya (1 292) et du Bénin (1 011).

Au fil des cohortes, la Fondation Tony Elumelu s’est imposée comme un intermédiaire stratégique dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial africain, portant une conviction désormais ancrée : face aux défis démographiques et économiques, le continent ne pourra compter que sur l’énergie de sa propre jeunesse entrepreneuriale.


Par Léon Yougbaré

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