L’agence de notation S&P Global Ratings a maintenu, le lundi 25 mai dernier, la note de crédit du Rwanda à « B+/B », assortie d’une perspective stable. Cette confirmation, qui intervient dans un environnement mondial marqué par de fortes turbulences géopolitiques, atteste de la solidité relative des fondamentaux macroéconomiques du pays et de la crédibilité de sa gestion budgétaire.
Les performances économiques récentes du Rwanda constituent le socle de cette appréciation. Le pays a enregistré une croissance de 9,3 % en 2025, contre 7,2 % l’année précédente, portée par une dynamique simultanée dans l’agriculture, l’industrie et les services. Ce résultat place le Rwanda parmi les économies les plus dynamiques du continent africain.
L’agence anticipe toutefois un ralentissement à 6,8 % en 2026, imputable en partie à la hausse des prix mondiaux des carburants en raison des tensions au Moyen-Orient. S&P juge ce contrecoup conjoncturel temporaire, estimant que la croissance devrait se stabiliser autour de 7,1 % en moyenne sur la période 2027-2029.
En outre, la structure de l’endettement du Rwanda figure au cœur de la confirmation de la note. En effet, environ 89 % de la dette extérieure du pays est de nature concessionnelle, c’est-à-dire contractée à long terme et à des taux d’intérêt bonifiés, bien en deçà des conditions du marché. Ce qui, selon l’agence, maintient les coûts du service de la dette dans des limites soutenables.
S&P salue également la poursuite des efforts de consolidation budgétaire, appuyés sur une base de recettes intérieures en expansion et une gestion rigoureuse des dépenses publiques. Ces deux leviers réduisent la dépendance du Rwanda aux financements extérieurs et renforcent sa capacité à absorber les chocs.
Le rapport met en exergue les investissements dans les infrastructures stratégiques comme signal fort de la vision de développement rwandaise. Le nouvel aéroport international de Kigali (NKIA), projet phare actuellement en construction selon le calendrier prévu, illustre cette ambition. Conçu pour accroître la connectivité régionale, stimuler le tourisme et diversifier l’économie, ce chantier est financé via des mécanismes innovants que S&P considère comme un gage de la maturité institutionnelle du pays.
L’agence ne passe pas sous silence les vulnérabilités. En tant qu’importateur net de pétrole, le Rwanda, à en croire S&P, reste exposé aux fluctuations des cours mondiaux des hydrocarbures, elles-mêmes amplifiées par les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. Ces pressions peuvent alimenter l’inflation, peser sur les chaînes d’approvisionnement et éroder les marges budgétaires.
Face à ces risques, les autorités rwandaises ont engagé des mesures préventives, notamment la constitution de réserves stratégiques de carburant et la diversification des sources d’approvisionnement. Des dispositions que l’agence de notation interprète comme le signe d’une capacité de gestion proactive des aléas extérieurs.
Par Léon Yougbaré


