Le projet Baleine passe à une nouvelle phase de son développement. Le jeudi 9 avril 2026, PETROCI Holding a sécurisé une levée de fonds de 200 milliards de FCFA, marquant une avancée stratégique dans l’exécution de la phase 2 de ce champ pétrolier offshore, considéré comme le plus important jamais découvert en Côte d’Ivoire.
Structurée avec un pool bancaire réunissant Ecobank CI, BNI, BNI Finances, Coris Bank International CI et BOA Côte d’Ivoire, l’opération montre la confiance du secteur bancaire dans la solidité financière de l’entreprise publique ivoirienne et dans le potentiel du projet. Au-delà du financement de la phase 2, ces ressources doivent également permettre d’enclencher la phase 3, confirmant l’ambition du pays de renforcer sa position énergétique dans la sous-région.
Sur le plan opérationnel, la phase 2 s’inscrit dans une dynamique enclenchée dès avril 2024, avec le lancement à la Carena de la fabrication des infrastructures sous-marines. Entrée en production fin décembre 2025, cette deuxième phase vise un objectif de 60 000 barils de pétrole brut par jour et 70 millions de pieds cubes de gaz naturel. Elle s’appuie sur des infrastructures offshores de grande envergure, dont le FPSO Petrojari Kong, destiné au traitement et au stockage du brut, et le FSO Yamoussoukro, chargé des opérations d’exportation. Le gaz naturel, quant à lui, est acheminé vers les centrales thermiques via un réseau de gazoducs installé lors de la phase initiale.
À terme, les autorités ivoiriennes visent encore plus grand. La phase 3 devrait porter la production à 150 000 barils par jour et 200 millions de pieds cubes de gaz associé. Des ambitions soutenues par des réserves estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel.
Derrière cette montée en régime, c’est toute une stratégie énergétique qui se dessine. En capitalisant sur le potentiel de son bassin sédimentaire, qui comptait 50 blocs à fin 2023 dont six en production et seize en exploration, la Côte d’Ivoire entend s’imposer comme un hub pétrolier et gazier en Afrique de l’Ouest, tout en sécurisant l’approvisionnement de ses centrales électriques.
Par Drissa Ouattara


