C’est dans un contexte de performances inédites que la Société africaine des plantations d’hévéas (SAPH) a réuni, ce jeudi 9 avril 2026, ses actionnaires en assemblée générale ordinaire. Présidée par Marc Genot, la séance a passé en revue les états financiers de l’exercice clos au 31 décembre 2025, avant de statuer sur l’affectation du résultat et les indemnités de fonction allouées aux administrateurs.
Ouvrant les travaux, Marc Genot a rappelé que la SAPH fête cette année ses 70 ans d’existence. Le président de séance a souligné l’ambition qui structure l’entreprise autour d’un plan stratégique à six piliers, couvrant la croissance des volumes, la valorisation des produits, la diversification du modèle d’affaires, la maîtrise des coûts, la sobriété énergétique et la responsabilité sociale.
Une feuille de route que les résultats 2025 sont venus, selon lui, largement valider. « Les efforts soutenus pour maîtriser les coûts sont aussi restés nécessaires pour contrer la pression inflationniste. Nos flux de trésorerie ont été très positifs en 2025, générés par l’activité, la maîtrise de nos stocks et de notre endettement », a-t-il ajouté.
Thierry Serres, directeur général de la SAPH, présentant les performances de la société, a indiqué qu’elles s’inscrivent dans une dynamique plus large de la filière ivoirienne. Il a rappelé le chemin parcouru en une décennie : jadis marginale sur l’échiquier mondial, la Côte d’Ivoire s’est hissée au rang de troisième producteur mondial de caoutchouc naturel, avec une production record de 1,93 million de tonnes en 2025, en hausse de 14 % par rapport à l’année 2024. « Aujourd’hui, vous allez partout sur la planète, à Singapour, en Chine, au Brésil, à Paris, à Londres, les gens savent placer la Côte d’Ivoire sur la carte et sur la carte du caoutchouc naturel en particulier », a-t-il indiqué.
Il a également évoqué les turbulences de l’exercice écoulé, marqué par une chute brutale des cours après les annonces de guerre commerciale américaine au premier trimestre, avant de souligner la capacité de la société à traverser ces à-coups grâce à la solidité de ses fondamentaux opérationnels. À l’en croire, la SAPH a enregistré en 2025 un record historique de production commercialisée à 313 000 tonnes, résultat d’une croissance de 40 % de ses volumes depuis 2021.
Ange-Parfait Kouakou, directeur financier, a ensuite présenté les états financiers de l’exercice, faisant état d’un bénéfice net de 24,97 milliards FCFA, en hausse de 33 % par rapport à 2024, et d’un chiffre d’affaires de 340,83 milliards FCFA, en progression de près de 22 %. « En 2025, notre résultat a affiché effectivement un niveau record. Notre rentabilité est remontée après un niveau assez bas constaté en 2023 », a commenté le directeur financier, insistant sur le redressement de la rentabilité avec un taux de profitabilité qui ressort à 7,3 % après un creux à 1,7 % en 2023.
Les performances globales réalisées résultent, selon Ange-Parfait Kouakou, de plusieurs effets, notamment les effets volume et les effets prix. « En ce qui concerne les effets volume, nous avons enregistré environ 33,66 milliards FCFA, pour un effet prix de 26,74 milliards FCFA, ce qui porte notre chiffre d’affaires du caoutchouc à 60,4 milliards FCFA », a-t-il détaillé.
L’année 2025, a-t-il poursuivi, a été marquée par une hausse de 10 % des charges du personnel, représentant 3 milliards FCFA. Cette augmentation, dit-il, a contribué au renforcement de l’outil de travail, permettant de passer à un niveau de production de 7 jours sur 7.
En clôture des débats, Marc Genot a tenu à tempérer l’optimisme ambiant en pointant les signaux préoccupants qui s’accumulent à l’orée de 2026 : surcapacité structurelle du secteur, concurrence accrue sur l’accès à la matière première des planteurs privés sous l’effet du développement de la première transformation locale. Des défis que la direction entend affronter avec la même rigueur qui a caractérisé la gestion de l’exercice écoulé, dans le cadre d’une stratégie de long terme déployée à l’occasion de ce 70e anniversaire.
Par Léon Yougbaré


