En 2025, la balance commerciale du Sénégal s’est nettement améliorée, avec un déficit réduit de 10,4 points de PIB. Cette progression s’explique par la forte hausse des exportations de biens (+52,7 %), atteignant 5 935 milliards de FCFA, et la modération des importations (+1,6 %), illustrant la dynamique du secteur extractif et l’impact favorable de la détente des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques.
La dynamique exportatrice est portée par les hydrocarbures et l’or, qui représentent des composantes essentielles des recettes extérieures. Les exportations de pétrole brut, représentant 26 % du total, ont bondi de 228,9 %, principalement en raison de l’année complète de production du gisement de Sangomar. Les produits raffinés, représentant 16 % des exportations, ont progressé de 23,3 %, soutenus par la performance des activités de raffinage de la SAR, favorisées par la baisse des cours du baril. L’or brut, représentant 16,5 % des exportations, a enregistré une hausse de 66,2 % grâce à la forte augmentation de son cours (+44,1 %), stimulée par une demande accrue des banques centrales et par la tendance à privilégier les actifs refuges dans un contexte géopolitique incertain.
Hors produits extractifs, les exportations ont progressé de 23 %, grâce à l’effet conjugué des volumes (+14,5 %) et des prix (+7,5 %). Cette performance traduit une diversification croissante des exportations de biens et une orientation favorable de la demande extérieure, notamment pour les produits halieutiques (+13,4 %), soutenus par l’augmentation des volumes exportés (+35,3 %). En revanche, les exportations d’acide phosphorique (+0,1 %) ont été limitées par la baisse des quantités produites (-16,8 %), en lien avec la contraction de la production de phosphates.
Du côté des importations, la croissance a été modérée, portée par les volumes (+5,3 %), mais compensée par la baisse des prix (-3,5 %), reflétant la détente des cours mondiaux des produits alimentaires et énergétiques. Les importations de produits énergétiques ont été particulièrement affectées par la baisse des prix internationaux du pétrole, tandis que les importations alimentaires ont été soutenues par l’effet volume et limitées par la baisse des prix. La structure des importations reste dominée par les produits pétroliers (27 %), les biens d’équipement (34 %), les produits alimentaires (18 %) et les demi-produits (18 %), soulignant l’importance de ces catégories pour l’activité économique et les chaînes de valeur locales.
Cette évolution positive de la balance commerciale contribue directement à l’amélioration du déficit du compte courant, projeté à 4,1 % du PIB en 2025, soit 7,4 points de moins qu’en 2024. Cette amélioration est portée par la résorption du déficit commercial, en lien avec la production d’hydrocarbures sur une année complète, et par la baisse des importations consécutive à la détente des prix mondiaux. Malgré une légère détérioration de la balance des services et du revenu primaire (-0,3 point de PIB) et de la balance du revenu secondaire (-0,8 point), les transferts des Sénégalais de l’extérieur ont contribué à stabiliser le compte courant.
Le financement du déficit du compte courant repose principalement sur le compte financier, qui se réduit fortement à 5,5 % du PIB en raison de flux sortants liés au remboursement du cost-oil des compagnies pétrolières, limitant les investissements directs étrangers à 1 % du PIB contre 10 % en 2024. Parallèlement, l’investissement de portefeuille progresse à 3,6 % du PIB, soutenu par les émissions du Sénégal sur le marché régional de l’UMOA dans le cadre de la stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT 2026-2028). Les autres investissements nets s’établissent à 1 % du PIB, reflétant à la fois l’endettement public net et le désengagement du secteur privé vis-à-vis du reste du monde.
La situation monétaire demeure favorable, avec une accumulation des avoirs extérieurs nets de 2,2 % du PIB, assurant un solde global positif de la balance des paiements. Le ratio de couverture des importations de biens et services s’améliore, s’établissant à 4,7 mois, tandis que la couverture par les réserves de change régionales dépasse 7 mois, illustrant la contribution significative du Sénégal au pool de réserves de l’Union.
Par Bernadette W. Gansonré


