Le commerce extérieur du Burkina Faso affiche un tournant spectaculaire en ce début d’année 2026, porté par une envolée des exportations qui redessine profondément l’équilibre des échanges. Selon les données officielles consultées par notre rédaction, à fin février, le pays enregistre un excédent commercial inédit de 886,8 milliards de FCFA, traduisant une nette amélioration de sa position extérieure dans un contexte international pourtant volatil.
Cette performance repose avant tout sur une progression exceptionnelle des exportations, qui atteignent 1 568,9 milliards de FCFA, en hausse de 87,2 % sur un an. Une dynamique largement soutenue par l’or, dont les ventes à l’international bondissent à 722,7 milliards de FCFA, soit une augmentation de 98,6 %. La combinaison d’un niveau élevé des volumes exportés et de la hausse continue des prix de l’once sur les marchés mondiaux explique cette accélération, confirmant le rôle central du métal jaune dans les recettes d’exportation du pays.
Dans le sillage de cette performance, les autres produits d’exportation affichent des évolutions contrastées. Le coton confirme son redressement avec une hausse de 17,7 milliards de FCFA (+44,1 %), tandis que les exportations de noix de cajou progressent de 16,9 milliards de FCFA. À l’inverse, les ventes de graines de sésame reculent fortement, chutant de 23,0 milliards de FCFA (-61,0 %), illustrant la volatilité persistante de certains segments agricoles.
La structure des exportations se trouve ainsi davantage concentrée autour des produits miniers, dominés par l’or brut, qui représente désormais 92,9 % de la valeur totale, en progression de 5,4 points sur un an. En parallèle, la part des produits primaires, notamment le coton, le sésame et la noix de cajou, se contracte à 5,7 % (-4,2 points), tandis que les produits transformés restent marginaux à 1,4 %, en recul de 1,1 point.
En face, les importations progressent à un rythme nettement plus modéré. Elles s’établissent à 682,1 milliards de FCFA, en hausse de 10,1 % sur un an. Cette augmentation est principalement portée par les achats de produits pétroliers raffinés, en hausse de 12,7 %, traduisant la sensibilité du pays aux coûts énergétiques. Les biens d’équipement enregistrent également une progression, notamment sous l’effet des acquisitions de machines mécaniques et électriques (+11,7 %), tandis que les importations de biens intermédiaires, en particulier le fer, la fonte et l’acier, s’inscrivent en forte hausse (+34,0 %).
La structure des importations reste dominée par les biens de consommation, qui représentent 65,4 % du total, en légère progression. Cette tendance est tirée par les hydrocarbures, mais aussi par les produits alimentaires et pharmaceutiques. Les biens intermédiaires occupent la deuxième place avec 17,7 %, soutenus par la demande en matériaux industriels. En revanche, la part des biens d’équipement recule à 16,8 %, signalant un possible ralentissement des investissements productifs. Au final, l’écart entre la dynamique des exportations et celle des importations permet au Burkina Faso d’afficher un taux de couverture de 230,0 %, en amélioration de près de 95 points sur un an.
Par Drissa Ouattara


