Le Conseil des ministres, réuni ce vendredi 24 avril 2026 à Bobo-Dioulasso en marge de la 22e Semaine nationale de la culture (SNC), a adopté le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029. Ce cadre de référence prévoit une croissance soutenue et une consolidation progressive des finances publiques, sous réserve d’une stabilisation sécuritaire et d’une bonne tenue agricole.
C’est depuis la capitale économique du Burkina Faso, où la 22e Semaine nationale de la culture (SNC) ouvre ses portes du 25 avril au 2 mai 2026, que le gouvernement a posé les jalons de sa politique budgétaire à moyen terme. Le Conseil des ministres délocalisé a en effet entériné le DPBEP 2027-2029, document-cadre imposé par la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) du 6 novembre 2015.
Aux termes de son article 54, tout projet de loi de finances doit s’adosser à une programmation pluriannuelle couvrant au minimum trois ans, afin d’ancrer la gestion publique dans une logique de discipline macro-budgétaire.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, le DPBEP a été construit autour de trois scénarios : optimiste, pessimiste et de base. Le scénario central, retenu comme référence, repose sur deux hypothèses structurantes. La première concerne la poursuite de la reconquête du territoire par les Forces de défense et de sécurité (FDS), tandis que la seconde porte sur le maintien de conditions agricoles favorables. « Ce document est conforme au plan RELANCE (…) et a tenu compte de ses quatre piliers essentiels avec des options stratégiques claires », a indiqué le ministre au sortir de la réunion.
Sur cette base, le gouvernement projette une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 6,1 % en 2027, avant un léger ralentissement à 5,5 % en 2028 puis à 5,3 % en 2029. Ces rythmes, supérieurs à la moyenne des dernières années marquées par les tensions sécuritaires, témoignent d’un pari sur la stabilisation progressive du pays.
Sur le plan des finances publiques, le document table sur une montée en puissance régulière des recettes budgétaires totales, attendues à 3 924,3 milliards FCFA en 2027, puis à 4 328,8 milliards FCFA en 2028 et à 4 686,4 milliards FCFA en 2029, soit un accroissement annuel moyen de 9,3 %. Cette progression est structurée autour de la mobilisation de ressources internes, dans un contexte où les financements extérieurs restent contraints.
Du côté des charges, les dépenses budgétaires totales progresseraient à un rythme légèrement inférieur, soit 9,1 % en moyenne annuelle, pour s’établir à 4 543,3 milliards FCFA en 2027, à 4 992,2 milliards FCFA en 2028 et à 5 403,6 milliards FCFA en 2029.
Sur cette période, l’épargne budgétaire afficherait une amélioration significative. Elle passerait de 669,8 milliards FCFA en 2026 à 892 milliards FCFA en 2027, soit un bond de 222,2 milliards FCFA en un an, avant d’atteindre 1 154,6 milliards FCFA en 2028 et 1 355,8 milliards FCFA en 2029.
Malgré l’ampleur des besoins de financement, le déficit budgétaire global resterait maîtrisé. Il est projeté à 619 milliards FCFA en 2027, à 663,4 milliards FCFA en 2028 et à 717,2 milliards FCFA en 2029. Rapporté au PIB, ce déficit se maintiendrait sous le seuil de 3 %, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA, à 2,8 % en 2027 et 2028, puis à 2,9 % en 2029.
Par Léon Yougbaré


