L’Alliance des États du Sahel (AES) a posé, ce mercredi, un jalon majeur dans son processus d’intégration économique. À l’issue de la 3e édition des Journées de l’Aviation civile (JDAC), tenue du 21 au 22 avril à Niamey, les ministres en charge de l’aviation civile du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont conjointement signé l’acte portant création d’une compagnie aérienne commune à la Confédération. Ce projet est présenté comme un symbole d’unité et un levier de désenclavement de la région sahélienne.
La cérémonie de signature a réuni le colonel-major Abdourahamane Amadou, ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, Dembélé Madina Sissoko, son homologue malienne, ainsi que Kiswendsida Alice Ouédraogo, représentant le ministre d’État burkinabè en charge de l’Administration territoriale et de la Mobilité.
Au-delà du symbole politique, cet acte fondateur marque l’entrée de la Confédération dans une nouvelle phase de coopération sectorielle, où le transport aérien est érigé en instrument de souveraineté économique partagée.
Placés sous le thème « L’aviation civile comme facteur d’intégration économique, de résilience et de mobilité au sein de l’AES », les travaux de cette troisième édition ont débouché sur plusieurs résolutions structurantes. Les participants ont notamment recommandé la mutualisation des ressources des trois États à travers la création de pôles régionaux dédiés à la maintenance aéronautique, à la formation des personnels et aux achats groupés.
Les discussions ont également permis aux ministres d’insister sur la nécessité de mettre en place une équipe pluridisciplinaire chargée d’élaborer une feuille de route pour le développement harmonisé de l’aviation civile dans l’espace confédéral. Le fret aérien, souvent négligé dans les politiques de transport de la sous-région, a par ailleurs été identifié comme un segment prioritaire à développer, au regard de son rôle potentiel dans la fluidification des échanges commerciaux intra-AES.
Outre la compagnie aérienne commune, la réunion de Niamey a entériné le lancement d’un bureau d’enquête sur les accidents commun aux trois États. Cette structure, présentée par le ministre nigérien comme un signal de « transparence, de sécurité et de crédibilité internationale », répond à une exigence fondamentale des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et pourrait faciliter, à terme, la reconnaissance des certifications de sécurité de l’espace AES par les partenaires étrangers.
Dans son allocution de clôture, le colonel-major Abdourahamane Amadou a résumé l’ambition des assises autour de quatre axes : la responsabilité, l’intégration, la résilience et la croissance. « L’aviation est bien plus qu’un moyen de transport, elle est notre souveraineté, notre intégration et notre développement », a-t-il affirmé, insistant sur la portée historique de la création de la future compagnie aérienne des États du Sahel.
Par David Yaméogo


