Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP dès mai 2026, fragilisant le cartel et ravivant les tensions énergétiques et géopolitiques

Les Émirats arabes unis ont annoncé, le mardi 28 avril 2026, leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), avec effet au 1er mai 2026. Cette décision, annoncée en pleine crise énergétique mondiale alimentée par la guerre en Iran, fragilise davantage l’influence de l’organisation sur l’approvisionnement mondial en pétrole.

Selon des données citées par Reuters, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a relevé que la part de marché de l’OPEP+ dans la production mondiale est tombée à 44 % en mars, contre environ 48 % en février. Cette proportion devrait encore reculer en avril, puis en mai avec l’entrée en vigueur du retrait émirati.

Interrogé par Reuters lors d’un entretien téléphonique, le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail Mohamed al-Mazrouei, a revendiqué le caractère pleinement autonome de cette décision. « Il s’agit d’une décision politique, prise après un examen attentif des politiques actuelles et futures liées au niveau de production », a-t-il déclaré. Il a précisé qu’aucune consultation préalable n’avait eu lieu avec d’autres pays membres.

Ce retrait ouvre également la voie à une augmentation de la production émiratie. En s’affranchissant des quotas de l’OPEP, Abou Dhabi pourrait rapidement accroître ses exportations dès que les voies maritimes du Golfe seront à nouveau sécurisées. Toujours selon Reuters, le ministre émirati a d’ailleurs laissé entendre que les Émirats arabes unis seraient bien positionnés pour répondre à la hausse attendue de la demande énergétique mondiale.

Des marchés sous pression, mais une réaction contenue

Les prix du pétrole ont réduit leurs gains à l’annonce de la nouvelle, sans toutefois s’effondrer. Le ministre émirati a lui-même tempéré les anticipations, estimant qu’aucun impact immédiat majeur n’était à attendre sur les marchés, les contraintes liées au détroit d’Ormuz limitant pour l’heure la capacité des pays du Golfe à acheminer leurs exportations.

Ce détroit stratégique, par lequel transite normalement environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, est paralysé par les menaces et attaques iraniennes contre les navires commerciaux depuis le déclenchement du conflit.

Au-delà de ses implications énergétiques, ce retrait révèle une rivalité de plus en plus assumée entre Abou Dhabi et Riyad. Autrefois étroitement alliés, les deux États du Golfe s’affrontent désormais sur plusieurs fronts : politique pétrolière, géopolitique régionale, attraction des talents et des capitaux étrangers.

Pendant que les Émirats arabes unis annonçaient leur départ de l’OPEP, plusieurs dirigeants du Golfe se retrouvaient ce mardi même en Arabie saoudite pour un sommet visant à coordonner une réponse aux frappes de missiles et de drones iraniens subies par leurs nations depuis fin février.

Par David Yaméogo

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