Hackathon des grandes écoles 2026 : le comité d’organisation dévoile les grandes articulations d’une édition inédite qui ouvre la voie au financement des startups

Le comité d’organisation de la 2e édition du Hackathon des grandes écoles (HGE) a tenu une conférence de presse dans l’après-midi du jeudi 7 mai 2026 pour présenter les contours d’un événement désormais positionné comme un véritable levier de transformation de l’écosystème éducatif et entrepreneurial du Burkina Faso. L’événement, initialement annoncé pour les 21, 22 et 23 mai, a été reporté d’une semaine.

À trois semaines de l’ouverture, les organisateurs ont dévoilé une édition résolument tournée vers l’impact économique, avec un budget global de 70,5 millions de francs CFA et une ambition affichée de faire émerger 500 entrepreneurs d’ici 2030.

Placée sous le thème « Solutions EdTech contextualisées pour une éducation accessible au Burkina Faso », cette édition 2026 rompt avec les formats précédents en s’articulant autour d’un calendrier en trois phases qui s’étend de mai à septembre.

La première phase, prévue du 28 au 30 mai au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), constituera le temps de l’identification des talents. Soixante-quatre projets EdTech sont attendus en compétition, pour plus de 200 compétiteurs directs. Un Village de l’Innovation Jeunesse ouvert au grand public, ciblant plus de 4 500 visiteurs, complètera le dispositif, aux côtés d’un espace convivial dédié aux rencontres informelles et à la programmation artistique.

La deuxième phase, de juin à août, sera consacrée à l’incubation des six projets finalistes retenus en mai. Cette étape, orientée vers l’exécution, visera à produire des solutions dotées d’un modèle économique viable. La troisième phase, en septembre, constitue la véritable innovation de cette édition : celle des premières Journées nationales du capital-risque au Burkina Faso. Sur deux jours, la première journée sera dédiée aux échanges sur l’accompagnement et le financement d’amorçage des startups, et la seconde aux levées de fonds.

Installer une nouvelle ère pour les startups

Elvis Tiaho, promoteur du Hackathon des grandes écoles

Elvis Tiaho, promoteur du HGE, a insisté sur la dimension systémique de cette édition. Selon lui, il ne s’agit plus seulement d’une compétition estudiantine, mais d’une initiative visant à refonder les conditions de l’entrepreneuriat jeune au Burkina Faso. « Nous voulons, à travers cela, installer une nouvelle ère pour les startups au Burkina et amorcer un nouveau développement pour l’économie et l’entrepreneuriat jeune », a-t-il souligné, ajoutant que le « Hackathon 2026 est une édition de rupture avec les anciens schémas connus jusque-là ».

Du côté institutionnel, David Kientega, directeur de l’éducation au numérique et de la digitalisation au ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, a salué une initiative qu’il estime être « en droite ligne avec les réalités du terrain ».

David Kientega, directeur de l’éducation au numérique et de la digitalisation au ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique

Il a notamment identifié deux chantiers prioritaires que les solutions attendues devront adresser. Il s’agit de l’inclusion pédagogique des élèves en situation de handicap (sourds-muets et malvoyants), ainsi que du développement de contenus curriculaires en ligne, en réponse à l’insuffisance criante des manuels scolaires.

Mélissa Ouédraogo, directrice par intérim de l’industrie numérique au ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, a, pour sa part, mis l’accent sur les contraintes structurelles du quotidien numérique burkinabè. « Les réalités, on les connaît : beaucoup de jeunes apprenants se heurtent chaque jour aux coûts de la connexion, aux coupures de réseau et à l’éloignement », a-t-elle indiqué.

Mélissa Ouédraogo, directrice par intérim de l’industrie numérique au ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques

À ses dires, le ministère sera aux côtés du comité d’organisation et siègera aux jurys des différentes compétitions. « Nous voulons voir ce que les jeunes sont capables de proposer, et nous serons là jusqu’au bout. Nous encourageons les initiatives dans le domaine des TIC et les initiatives portées par les jeunes », a ajouté Mme Ouédraogo.

L’édition 2026 bénéficie d’un ancrage institutionnel de premier plan. Elle est placée sous la présidence du Dr Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la Transition digitale, et sous le parrainage des ministres en charge de l’Enseignement supérieur, le Pr Adjima Thiombiano, de l’Enseignement secondaire, le Pr Moumouni Zoungrana, et de l’Éducation nationale, Jacques Sosthène Dingara.

Par Léon Yougbaré

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