La République démocratique du Congo pourrait bientôt accueillir l’une des plus grandes mines de cuivre de la planète. Une filiale du groupe chinois China Railway Group Limited (CREC) a engagé des discussions avec les autorités congolaises autour d’un projet minier capable de produire entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an.
Le projet a été au cœur d’une rencontre tenue jeudi entre le ministre congolais des Mines, Louis Watum, et les représentants de CREC. Selon les informations communiquées par le ministère des Mines, cette future exploitation pourrait, à pleine capacité, rejoindre le cercle des plus importantes mines de cuivre au monde.
Au cours de la dernière décennie, la RDC s’est imposée comme un acteur incontournable du marché mondial du cuivre. Le pays a plus que triplé sa production et occupe désormais la deuxième place mondiale derrière le Chili. Cette progression a largement été portée par les investissements des groupes miniers chinois, déjà très présents dans le secteur extractif congolais.
Le futur projet se distinguerait également par sa localisation. Contrairement aux grands gisements de cuivre généralement concentrés dans le Katanga, au sud-est du pays, cette nouvelle mine serait développée dans la province du Kasaï-Oriental, une région historiquement connue pour son activité diamantifère.
Selon les autorités congolaises, le projet devrait être structuré sous forme de coentreprise entre une filiale de CREC et la MIBA. Le président Félix Tshisekedi souhaiterait accélérer le développement de cette initiative stratégique, même si aucun calendrier précis ni montant d’investissement n’a encore été rendu public.
Le secteur cuprifère congolais compte déjà plusieurs géants. La mine CMOC Group de Tenke Fungurume a produit environ 519 000 tonnes de cuivre l’an dernier, tandis que le complexe Kamoa-Kakula, exploité par Ivanhoe Mines et Zijin Mining, a atteint près de 400 000 tonnes en 2025. De son côté, Sicomines, dans laquelle CREC détient une participation importante, a produit près de 250 000 tonnes de cuivre l’année dernière.
Cette nouvelle ambition minière intervient dans un contexte de compétition mondiale croissante autour des minerais critiques. Les États-Unis cherchent notamment à renforcer leur présence dans les ressources stratégiques congolaises face à l’influence chinoise grandissante.
En décembre dernier, la RDC a signé un partenariat minier avec Washington afin de faciliter l’accès des investisseurs américains aux réserves de cuivre, de cobalt, de lithium et de tantale du pays. Cette coopération s’inscrit dans la stratégie de l’administration de Donald Trump visant à réduire la dépendance américaine aux chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine dans les minerais stratégiques.
Par Drissa Ouattara


