CEMAC : L’entrée de BGFI Holding à la BVMAC fait bondir la capitalisation du marché actions de 479 à 1 658 milliards FCFA en une séance.

À 11h10 précises, le jeudi 7 mai 2026, Henri-Claude Oyima a saisi le battant de la cloche de la salle des marchés de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), à Douala. Ce geste rituel, simple en apparence, a consacré l’une des opérations boursières les plus significatives de l’histoire financière de la sous-région.

L’introduction de BGFI Holding Corporation (BHC), maison-mère du groupe BGFIBank, sur le compartiment A Premium de la place camerounaise a, en une seule séance, plus que triplé la capitalisation du marché.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avant l’opération, la capitalisation boursière du compartiment actions de la BVMAC s’établissait à 479 milliards FCFA à la clôture du 6 mai. Dès l’admission de BGFI Holding, elle a bondi à 1 658 milliards FCFA, soit une progression de 246 %. La capitalisation flottante, qui mesure la fraction des titres librement négociables sur le marché, a quant à elle progressé de 61 %, passant de 70 milliards à environ 115 milliards FCFA.

« Cette seule opération porte de six à sept le nombre de sociétés introduites en bourse sur le compartiment actions de la BVMAC. Elle va tripler la capitalisation boursière de notre marché financier », a déclaré Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC, lors de la cérémonie. Il a toutefois nuancé ces projections : « Tout cela reste bien évidemment sous réserve des mouvements de cours que connaîtra la séance du jour, car si les prix fluctuent, ces statistiques seront amplifiées ».

Au total, 566 561 actions de BGFI Holding Corporation ont été admises à la première cotation au prix de référence de 80 000 francs CFA, pour une valorisation totale de l’émission de 45,3 milliards FCFA. BGFI Holding s’impose d’emblée comme la première capitalisation de la place régionale, avec un poids de 38 % dans l’indice All-Share, devant Socapalm — jusqu’ici valeur de tête — qui recule à 36 %.

Un dispositif technique et réglementaire de premier ordre

L’introduction de BHC a été préparée selon un cadre réglementaire rigoureux. Conformément aux règles de l’appel public à l’épargne en zone CEMAC, l’opération a été enregistrée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF).

Sur le plan opérationnel, BGFI Bourse a assuré la fonction d’arrangeur et de chef de file, coordonnant un syndicat de placement composé d’une vingtaine d’établissements agréés, parmi lesquels CBT Bourse, Société Générale Securities, CCA Bourse, Financia Capital, Elite Capital et Upline Securities Central Africa.

L’opération a également intégré un mécanisme de fractionnement des titres, conformément à une réforme engagée par la BVMAC pour améliorer l’accessibilité du marché. Une action ancienne a été divisée en neuf actions nouvelles, faisant passer le nombre de titres de 1 573 536 avant l’IPO à 14 728 385, et ramenant le prix unitaire de 89 000 francs CFA à 10 000 francs CFA.

7 601 investisseurs dans 24 pays : une levée de fonds inédite

La demande suscitée par l’opération a largement dépassé les références habituelles de la place. La levée de fonds, clôturée avant la cérémonie de cotation, a mobilisé 45,32 milliards FCFA auprès de 7 601 souscripteurs répartis dans 24 pays, dont plus de 71 % de particuliers.

À titre de comparaison, la BVMAC ne comptait auparavant que 431 investisseurs actifs. Les souscriptions ont attiré des ressortissants de la zone CEMAC et de l’UEMOA, mais aussi d’Europe, d’Amérique et d’Asie, illustrant une ouverture internationale jusqu’ici inédite pour un émetteur d’Afrique centrale.

Pour Henri-Claude Oyima, PDG de BGFI Holding Corporation, cette introduction revêt une dimension stratégique claire. « Cette cotation est un acte fondateur, l’aboutissement d’une vision et un moment historique pour notre groupe, pour le marché financier régional et pour l’Afrique centrale », a-t-il précisé.

Il a rappelé que le groupe, fondé en avril 1971 à Libreville, est aujourd’hui présent dans 12 pays. À fin 2025, il affichait un total de bilan de 7 390 milliards FCFA, des capitaux propres de 771 milliards, un résultat net de 133 milliards, une rentabilité des fonds propres de 21 % et un ratio de solvabilité de 20 %.

Les fonds levés sont destinés à renforcer les pôles de croissance du groupe, notamment ses filiales bancaires au Cameroun, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Gabon et en Europe.

Henri-Claude Oyima a par ailleurs annoncé le projet stratégique BGFIBank 2030, qui vise une implantation dans 15 pays d’ici 2027, ainsi qu’un renforcement de la gouvernance et de l’efficacité opérationnelle. Il a également précisé que le groupe entend poursuivre l’opération d’introduction en bourse au troisième trimestre 2026 pour atteindre l’objectif initial d’ouverture de 10 % du capital social.

La cérémonie a réuni des représentants de haut rang des sphères financière, institutionnelle et politique. Au-delà de l’effet statistique immédiat, Louis Banga Ntolo a souligné les implications macroéconomiques potentielles de l’opération. La contribution du marché financier au financement des six économies de la zone CEMAC pourrait passer de 2,4 à 2,5 % du PIB régional à plus de 5 % grâce à cette seule admission.

Par Léon Yougbaré

fAIT UNE META DESCRIPTION DU TEXTE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet