Le gouvernement du Ghana veut renforcer davantage ses réserves d’or et son contrôle sur les exportations de lingots. Les autorités ghanéennes envisagent désormais d’augmenter de 20 % à 30 % la part de la production d’or que les grandes sociétés minières doivent vendre à la banque centrale du pays.
Selon Reuters, cette orientation a été dévoilée par Paul Bleboo, responsable du programme de gestion de l’or à la Banque du Ghana. Le pays souhaite que les compagnies minières industrielles livrent désormais 30 % de leur production annuelle d’or à la banque centrale, contre 20 % actuellement.
Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana cherche ainsi à accroître ses réserves stratégiques de lingots dans un contexte de forte demande mondiale pour le métal précieux. Les autorités veulent également améliorer la traçabilité des exportations aurifères, alors que l’or reste un actif de réserve de plus en plus recherché par les banques centrales à travers le monde.
Paul Bleboo a précisé que le gouvernement entend renégocier les accords existants avec les grandes compagnies minières afin que l’intégralité des livraisons soit effectuée sous forme de doré, un produit semi-raffiné permettant un meilleur suivi des flux d’or et une gestion plus efficace des réserves nationales.
Le programme d’achat d’or du Ghana a été lancé en 2022 dans le cadre des mesures destinées à stabiliser l’économie et à réduire la pression sur les réserves de change. Cette initiative avait conduit à un accord entre la Banque du Ghana et la Chambre des mines du Ghana obligeant les grandes entreprises minières à céder 20 % de leur production annuelle à la banque centrale.
Toutefois, les discussions autour du relèvement à 30 % ne sont pas encore finalisées. Le directeur général de la Chambre des mines du Ghana, Kenneth Ashigbey, a indiqué que les négociations sur les tarifs et les mécanismes de réduction restaient en cours.
Cette réforme intervient également dans un contexte de refonte du système de redevances minières du pays. Le Ghana prévoit de remplacer le taux fixe actuel de 5 % par un mécanisme variable indexé sur les cours mondiaux des matières premières. Avec ce modèle, les redevances pourraient atteindre jusqu’à 12 % lorsque le prix de l’or avoisinerait 4 500 dollars l’once, soit environ 140 millions FCFA le kilogramme d’or.
Par Drissa Ouattara



