Africa Finance Corporation renforce son engagement dans l’écosystème technologique africain. L’institution a annoncé un investissement pouvant atteindre 100 millions de dollars, soit environ 60 milliards FCFA, destiné à des gestionnaires de fonds technologiques axés sur l’Afrique.
Dans un communiqué publié lundi, l’AFC explique que cette initiative vise à accroître la participation des investisseurs institutionnels africains dans le secteur du capital-risque, encore largement dominé par des financements étrangers.
Cette annonce intervient dans un contexte où l’économie numérique africaine devrait générer plus de 700 milliards de dollars de contribution au PIB du continent d’ici 2050. Cette dynamique est portée par la croissance rapide de la population connectée, l’essor des usages numériques et l’adoption croissante des technologies par les entreprises africaines.
Selon l’AFC, le manque de financements institutionnels à long terme demeure l’un des principaux freins au développement des startups technologiques africaines, malgré l’intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour le secteur.
L’institution prévoit ainsi de mobiliser des capitaux catalytiques dans plusieurs fonds technologiques de référence orientés vers l’Afrique, avec une priorité accordée aux gestionnaires de fonds détenus par des Africains. L’objectif affiché est de renforcer la propriété locale dans l’écosystème du capital-risque et de réduire la dépendance aux capitaux étrangers.
Le président-directeur général de l’AFC, Samaila Zubairu, estime que la jeunesse africaine et l’adoption rapide des technologies constituent un puissant moteur de croissance pour le continent.
Selon lui, les infrastructures numériques sont devenues aussi stratégiques pour la transformation économique de l’Afrique que les routes, les ports, les chemins de fer ou encore l’électricité. Elles jouent un rôle central dans les paiements, la logistique, les services, les échanges commerciaux et la création d’emplois.
Le marché africain du capital-risque a connu une forte progression ces dernières années. En 2025, les startups africaines ont levé environ 3,8 milliards de dollars,. Le continent compte désormais neuf licornes technologiques, illustrant la montée en puissance de l’innovation numérique africaine.
Malgré cette croissance, l’AFC souligne que les investisseurs institutionnels locaux restent encore peu présents dans les fonds de capital-risque. Les financements proviennent majoritairement d’investisseurs internationaux.
Dans le cadre de la première phase de son programme, l’AFC a déjà pris des engagements dans le Lightrock Africa Fund II ainsi que dans le Future Africa Fund III.
L’institution estime que ces investissements lui permettront d’accompagner les entreprises technologiques africaines à différentes étapes de leur développement, depuis les phases de démarrage jusqu’à l’expansion à grande échelle.
Le directeur général de Lightrock, Pal Erik Sjatil, a salué le renforcement du partenariat avec l’AFC, affirmant que cette collaboration repose sur une vision commune visant à soutenir des entreprises technologiques solides et rentables à travers le continent.
De son côté, le partenaire fondateur de Future Africa, Iyin Aboyeji, considère que l’investissement de l’AFC marque une reconnaissance croissante du rôle stratégique des infrastructures numériques dans la transformation économique africaine.
Par Amhed Coulibaly



