La Guinée a procédé à la signature des accords relatifs à la construction d’une nouvelle raffinerie d’alumine portée par Chalco Guinea Company, dans le cadre de sa stratégie d’industrialisation et de transformation locale des ressources minières. La cérémonie a été présidée par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou et de l’accord-cadre sino-guinéen.
Le projet représente un investissement global estimé à 1 008 milliards de FCFA, correspondant à 1,68 milliard de dollars, dont 672 milliards de FCFA, soit 1,12 milliard de dollars, seront consacrés aux infrastructures de raffinage. La future installation, qui sera implantée à Boffa, disposera d’une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’alumine par an.
À travers cette nouvelle raffinerie, la Guinée cherche à accélérer la valorisation locale de la bauxite, dans un contexte où le pays veut réduire sa dépendance aux exportations de minerai brut et renforcer la transformation industrielle sur son territoire.
Le projet s’inscrit dans le prolongement de l’accord-cadre sino-guinéen conclu lors du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) entre les présidents Mamadi Doumbouya et Xi Jinping. Il fait également partie du programme Simandou 2040, qui prévoit la réalisation de cinq raffineries d’alumine d’ici 2030.
Avec cette infrastructure, la Guinée comptera une troisième raffinerie d’alumine depuis l’indépendance, après les projets SPIC et Winning Consortium Alumina Guinea, dont les mises en service sont respectivement attendues en 2027 et 2028. Trois raffineries sont désormais en cours de développement dans le pays.
Par ailleurs, le projet prévoit un important dispositif de formation et de développement des compétences locales. Il inclut l’octroi de 500 bourses d’études sur vingt ans, soit 25 bourses par an, dans les domaines techniques et industriels, à travers l’initiative Simandou Academy.
Une école d’ingénieurs et de formation technique sera également construite en Guinée, avec une capacité pouvant atteindre 100 étudiants par filière et par an pendant dix ans.
Le gouvernement envisage aussi un mécanisme de contenu local destiné à favoriser l’emploi des jeunes, le transfert de compétences et le développement des capacités nationales dans les métiers liés aux industries minières et de transformation.
Selon la Présidence guinéenne, le projet est encadré par des obligations de performance, des jalons techniques précis et des mécanismes de suivi visant à garantir le respect des délais ainsi que des standards de qualité fixés.
Par Leila Toé


