Le président congolais, Denis Sassou N’Guesso, a annoncé que la République du Congo supprimera les visas d’entrée pour tous les ressortissants africains à partir de l’année prochaine, une décision qui traduit la volonté de renforcer la libre circulation sur le continent. L’annonce a été faite à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement, à l’occasion de la Journée de l’Afrique.
Concrètement, à partir du 1er janvier 2027, les ressortissants de tous les pays africains pourront entrer au Congo sans visa. Cette prise de position intervient dans un contexte où la question de la circulation des personnes reste au cœur des débats sur l’intégration africaine. Malgré les avancées institutionnelles, les déplacements entre les pays du continent restent souvent contraints par des procédures de visa jugées lourdes et dissuasives. La décision du Congo apparaît donc comme un signal politique fort en faveur d’une ouverture des frontières africaines.
Par ailleurs, la mesure est présentée comme un pas important vers la facilitation des échanges entre pays africains et la mise en œuvre progressive des ambitions d’intégration continentale, notamment celles portées par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le chef de l’État congolais estime que le continent doit accélérer ses efforts communs, notamment dans les infrastructures et les investissements structurants, afin de réduire les barrières qui freinent encore les échanges et la mobilité.
En mettant effectivement en vigueur cette mesure, la République du Congo rejoindra un nombre encore limité, mais croissant, de pays africains ayant déjà engagé des politiques d’ouverture similaires en matière de visas. On peut notamment citer le Rwanda, qui applique depuis plusieurs années une politique de visa à l’arrivée pour la majorité des ressortissants africains, ainsi que le Bénin ou encore le Ghana, qui a instauré des facilités d’entrée pour les citoyens du continent dans une logique d’intégration régionale.
Dans la même dynamique, les Seychelles figurent également parmi les pays africains les plus ouverts en matière de circulation, avec une politique sans visa pour la majorité des visiteurs africains et internationaux. Le Togo a également emboîté le pas en adoptant une mesure similaire.
Ces expériences sont souvent citées comme des exemples de libéralisation progressive des mobilités sur le continent, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine et les ambitions de libre circulation au niveau de l’Union africaine.
Par Leila Toé


