Le Ghana lance Agri Connect Compact, un programme de 2 100 milliards FCFA pour transformer l’agriculture et créer 2,6 millions d’emplois

Le Ghana mise résolument sur l’agriculture pour accélérer sa transformation économique. Le gouvernement a officiellement lancé à Accra l’initiative Agri Connect Compact, un vaste programme destiné à moderniser le secteur agricole, renforcer la sécurité alimentaire et créer plus de 2,6 millions d’emplois à l’horizon 2035.

Présenté comme l’un des projets agricoles les plus ambitieux du pays ces dernières années, le programme s’inscrit dans la stratégie nationale « Agriculture pour la transformation économique ». Son objectif est de faire de l’agriculture un véritable levier de croissance, d’industrialisation et de création de richesses.

Pour atteindre ces ambitions, le Ghana prévoit de mobiliser un investissement de 3,5 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, soit environ 2 100 milliards FCFA. Selon les autorités, près de 1 620 milliards FCFA sont déjà engagés grâce à la contribution du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que du secteur privé.

L’initiative bénéficie notamment de l’appui de la Banque mondiale, du Fonds international de développement agricole (FIDA) et de la Banque africaine de développement (BAD). Lors du lancement, le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Eric Opoku, a souligné que le programme vise à faire évoluer l’agriculture ghanéenne d’un modèle traditionnel vers un système agroalimentaire intégré couvrant l’ensemble des chaînes de valeur.

Contrairement aux approches centrées uniquement sur la production, Agri Connect Compact entend développer l’ensemble de l’écosystème agricole, depuis la production jusqu’à la transformation et à la commercialisation. Les filières du riz, du maïs, du palmier à huile, du cacao et de la volaille figurent parmi les secteurs prioritaires identifiés par les autorités.

Le gouvernement prévoit notamment d’accroître les superficies irriguées, de renforcer la mécanisation, d’améliorer l’accès aux marchés et au financement ainsi que de soutenir le développement des industries agroalimentaires. Ces mesures devraient permettre d’augmenter la productivité agricole tout en favorisant la création d’emplois, en particulier pour les jeunes.

Pour les autorités ghanéennes, l’un des enjeux majeurs demeure la réduction de la facture des importations alimentaires. Selon Thomas Nyarko Ampem, le pays dépense chaque année entre 2 et 3 milliards de dollars, soit entre 1 200 et 1 800 milliards FCFA, pour importer des produits agricoles pouvant être produits localement. Une meilleure valorisation de la production nationale permettrait ainsi d’économiser des devises, de soutenir les entreprises locales et de renforcer la résilience économique du pays.

Les partenaires de développement estiment que le programme pourrait bénéficier directement à plus de trois millions de personnes tout en stimulant plusieurs filières agricoles à fort potentiel. La Banque mondiale considère d’ailleurs cette initiative comme une opportunité majeure pour faire de l’agriculture un moteur de croissance inclusive et de développement industriel.

Par Amhed Coulibaly

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