Les transferts de fonds de la diaspora ivoirienne ont atteint près de 938 milliards de FCFA en 2025. Un flux financier considérable que les autorités ivoiriennes et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) souhaitent désormais orienter davantage vers l’investissement productif afin de soutenir le financement du développement national.
C’est dans cette perspective que le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, Adama Dosso, et la BRVM ont signé un protocole d’entente destiné à renforcer la contribution économique de la diaspora à travers de nouveaux instruments financiers.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes de faire de la diaspora un acteur majeur du développement économique du pays. En effet, les transferts des Ivoiriens vivant à l’étranger constituent déjà un soutien important pour les ménages et l’économie nationale. Toutefois, une grande partie de ces ressources reste orientée vers les dépenses de consommation, l’éducation, la santé ou l’habitat. « Le potentiel d’investissement de nos compatriotes de l’extérieur demeure encore largement sous-exploité, alors même qu’il pourrait contribuer de manière significative au financement des projets structurants inscrits dans le Plan national de développement 2026-2030 », a indiqué le ministre.
Le protocole prévoit le développement de plusieurs mécanismes destinés à faciliter l’investissement des Ivoiriens établis à l’étranger. On note notamment l’émission de « Diaspora Bonds », des obligations spécifiquement destinées aux membres de la diaspora souhaitant investir dans leur pays d’origine tout en bénéficiant d’un rendement financier.
Le gouvernement envisage également d’associer davantage les expatriés aux futures opérations de privatisation ou d’ouverture du capital de certaines entreprises publiques. D’autres solutions innovantes sont à l’étude, notamment la titrisation de certains actifs publics ainsi que la digitalisation des procédures d’investissement afin de permettre aux investisseurs de souscrire plus facilement depuis l’étranger.
Pour le directeur général de la BRVM, Dr Edoh Kossi Amenounvé, cette convention marque une évolution majeure dans la manière d’appréhender les ressources de la diaspora. « Avec ce protocole, nous opérons un véritable changement de paradigme. Nous passons de l’envoi d’argent à l’investissement citoyen », a-t-il déclaré. Dr Edoh Kossi Amenounvé estime que les Ivoiriens de l’extérieur doivent désormais être considérés comme des co-investisseurs capables de participer directement au financement de l’économie nationale.
Dans cette optique, la BRVM entend développer des produits financiers adaptés aux attentes de la diaspora, offrant à la fois sécurité, rentabilité et création de valeur patrimoniale.
En outre, l’accord prévoit un partage renforcé d’informations entre les deux institutions ainsi que l’organisation de campagnes de sensibilisation auprès des communautés ivoiriennes établies à l’étranger. Des séminaires, forums et roadshows devraient être organisés dans plusieurs pays afin de présenter les opportunités offertes par le marché financier régional.
La BRVM annonce également l’ouverture de discussions avec les différents acteurs du marché financier de l’UEMOA afin de concevoir de nouveaux produits capables de mobiliser durablement l’épargne de la diaspora.
Par Bernadette W. Gansonré


