L’économie malienne affiche une performance remarquable au premier trimestre 2026, avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 9,3 % en glissement annuel, contre seulement 2,7 % au premier trimestre 2025. Cette accélération s’explique par la reprise de la production aurifère dans la branche « Extraction de minerais métalliques » et par une demande intérieure vigoureuse, notamment portée par les investissements.
Selon les statistiques officielles récemment publiées, le Mali a enregistré une progression remarquable de son PIB au cours des trois premiers mois de l’année 2026. Dans le détail, le secteur tertiaire enregistre la plus forte progression parmi les trois grands secteurs, avec une croissance de 8 % contre 1,7 % un an plus tôt. Il s’agit du secteur ayant le plus contribué à la performance globale du PIB, porté notamment par les télécommunications ainsi que les banques et assurances, dont les taux de croissance sectoriels varient entre 0,2 % et 19 %.
Le secteur secondaire progresse, quant à lui, de 5,8 %, contre 2,4 % à la même période en 2025. Après plusieurs trimestres de contraction depuis fin 2023, la branche « extraction de minerais métalliques » renoue avec la croissance (+3,6 %), grâce à la reprise de la production d’or et à l’entrée en production effective de deux mines de lithium.
La construction affiche une croissance de 14,3 %, tirée par les grands travaux d’infrastructures routières, de bâtiments publics et privés, et d’aménagements hydroagricoles ; un rythme toutefois inférieur aux 22,4 % enregistrés un an plus tôt.
Les autres industries manufacturières (+8,8 %) et les industries du bois (+8,1 %) contribuent également à cette dynamique, malgré des replis dans la production d’électricité (-5,8 %), la distribution d’eau (-0,8 %) et l’agroalimentaire (-0,8 %).
Le secteur primaire progresse de 5,6 %, un rythme en ralentissement par rapport aux 6,8 % du premier trimestre 2025. L’agriculture vivrière (+5,8 %), l’élevage et la chasse (+9,8 %) ainsi que la sylviculture (+5,5 %) se comportent bien.
Toutefois, ce dynamisme est freiné par la contraction de la culture et de l’égrenage de coton, liée à une campagne cotonnière en recul, et par les difficultés de la pêche face à la prorogation de la période de montée des eaux. Les taxes et impôts nets sur les produits progressent par ailleurs de 10,7 %, reflet de la bonne tenue de l’activité économique globale.
Un solde extérieur positif porté par les exportations d’or
Les échanges extérieurs dégagent un solde positif au premier trimestre 2026 : les exportations progressent de 34,2 %, contre une hausse de 19,9 % des importations.
Les exportations de biens rebondissent de 35,9 %, principalement grâce à la reprise de la production aurifère après la forte contraction de 53,8 % observée au premier trimestre 2025.
Les exportations de services poursuivent leur dynamique structurelle avec +23,1 %, contre +16,8 % un an plus tôt. Côté importations, les biens progressent de 23,2 %, reflet de la vigueur de la demande intérieure, tandis que les importations de services n’augmentent que de 0,3 %.
Par Léon Yougbaré


