Santé en Afrique de l’Ouest : le Fonds africain de développement alloue 8,56 milliards FCFA à sept pays

Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a approuvé, le 11 juin 2026, un don de 14,26 millions de dollars, soit environ 8,56 milliards FCFA, en faveur de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS). Les ressources seront mobilisées pour consolider les systèmes de santé et les cadres réglementaires pharmaceutiques au Bénin, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Liberia, en Sierra Leone et au Togo.

Ce financement, octroyé par le guichet concessionnel de la Banque africaine de développement (BAD), cible à la fois le renforcement des capacités institutionnelles de long terme et la réponse aux urgences de santé publique et de nutrition dans une région particulièrement exposée aux crises sanitaires.

« Les maladies transmissibles, la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé, la faiblesse des systèmes de réglementation pharmaceutique et les capacités limitées des laboratoires représentent des défis transnationaux qui ne peuvent être efficacement relevés par des investissements nationaux isolés », a souligné Lamin Barrow, directeur général de la BAD pour l’Afrique de l’Ouest.

Cette approche multilatérale reflète la réalité épidémiologique dans un espace sous-régional où les crises sanitaires, qu’il s’agisse d’Ebola, de la méningite ou de la Covid-19, ignorent les frontières et appellent des réponses coordonnées à l’échelle sous-régionale.

Sur le plan opérationnel, le don financera un ensemble d’interventions ciblées. L’OOAS prévoit de hisser les autorités de réglementation pharmaceutique du Bénin, de la Gambie, du Liberia et de la Sierra Leone au niveau 3 de maturité selon les standards de l’analyse comparative mondiale.

En Gambie, des équipements d’analyse et de contrôle de la qualité des médicaments seront déployés dans les laboratoires nationaux. Au Bénin et au Togo, des laboratoires transfrontaliers « Une seule santé » seront mis en place, selon une approche qui intègre la santé humaine, animale et environnementale dans un cadre commun.

En Guinée, en Guinée-Bissau, au Liberia et en Sierra Leone, des unités de soins intensifs ainsi que des laboratoires de diagnostic du cancer du col de l’utérus et du sein seront équipés ou réhabilités.

Le programme intègre également une dimension économique. Une étude de cadrage sera conduite sur les investissements de la diaspora africaine dans le secteur de la santé, tandis que des plans nationaux d’investissement dans les personnels de santé seront élaborés au Bénin, en Gambie, au Liberia et en Sierra Leone.

Du côté du secteur privé, les producteurs et fournisseurs de médicaments devraient bénéficier d’une réduction des délais pour les essais de qualité et d’un meilleur contrôle contre les produits médicaux falsifiés. Ces derniers représentent, selon l’OMS, jusqu’à 10 % des médicaments en circulation dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Enfin, le volet formation devrait générer environ 300 emplois, dont plus de 40 % au profit des femmes.

Par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet