Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana unissent leurs forces pour mieux rémunérer les producteurs

La Côte d’Ivoire et le Ghana renforcent leur stratégie commune en faveur des producteurs de cacao.Réunis à Abidjan dans le cadre d’un sommet de haut niveau consacré à l’avenir de l’économie cacaoyère, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont annoncé un accord visant à harmoniser les politiques de fixation des prix bord champ du cacao dans leurs deux pays.

Cette décision marque une avancée majeure pour les deux principaux producteurs mondiaux de cacao, qui assurent ensemble près de 60 % de l’offre mondiale. À travers cette initiative, Abidjan et Accra entendent renforcer les revenus des planteurs, réduire les distorsions du marché et accroître leur influence dans les négociations internationales relatives à la filière.

Selon la déclaration conjointe publiée à l’issue de la rencontre, les deux États travailleront à une meilleure coordination de leurs mécanismes de commercialisation, notamment à travers l’alignement des primes, l’harmonisation des calendriers agricoles et une coopération renforcée sur les politiques de prix. L’objectif est de limiter les mouvements transfrontaliers de cacao motivés par les écarts de rémunération et de consolider la position des deux pays face aux acheteurs internationaux.

Pour les deux chefs d’État, garantir une rémunération plus équitable aux producteurs constitue une condition indispensable à la pérennité de la filière. Ils estiment qu’une meilleure répartition de la valeur créée par le cacao contribuera également à renforcer la stabilité économique et sociale des millions de familles qui dépendent de cette culture en Afrique de l’Ouest.

Les dirigeants ont par ailleurs salué les avancées enregistrées dans le cadre de l’Initiative Côte d’Ivoire-Ghana pour le cacao (CIGCI). Parmi les acquis figurent notamment la mise en œuvre du Différentiel de revenu décent (LID), les efforts d’harmonisation des politiques de commercialisation ainsi que les progrès réalisés en matière de traçabilité et de durabilité.

Malgré ces résultats, les défis demeurent nombreux. Les deux pays restent confrontés à la volatilité des cours internationaux, aux effets du changement climatique, à la propagation de maladies affectant les plantations, à l’essor de l’exploitation minière illégale dans les zones cacaoyères et à la concurrence croissante des substituts au cacao. Les nouvelles exigences environnementales imposées par les marchés internationaux constituent également une source de pression supplémentaire pour les producteurs.

Face à ces enjeux, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé d’intensifier leur coopération scientifique afin de lutter contre les maladies du cacao, notamment le virus des pousses gonflées. Ils ambitionnent également d’accélérer la transformation locale des fèves, de développer davantage la chaîne de valeur et de stimuler la consommation régionale des produits dérivés du cacao.

Dans une perspective plus large, les deux pays souhaitent ouvrir leur initiative commune à d’autres nations africaines productrices de cacao. Cette extension vise à bâtir un front régional capable d’harmoniser les politiques sectorielles et de renforcer le pouvoir de négociation de l’Afrique sur le marché mondial du cacao.

Par Amhed Coulibaly

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