Secteur bancaire : la Banque Commerciale du Burkina porte son capital social de 17,2 milliards FCFA à 54 milliards FCFA

La Banque Commerciale du Burkina (BCB) a triplé son capital social, le faisant passer de 17,21 milliards FCFA à 54 milliards FCFA. Effective depuis le 24 décembre 2025 selon l’institution, cette augmentation marque une nouvelle étape pour une institution née en 1988 d’un partenariat avec la Libye et dont l’État burkinabè a repris le contrôle intégral en 2024.

Cette opération s’inscrit dans la continuité de la nationalisation de la banque, intervenue en mai 2024, et traduit la volonté de l’État burkinabè de consolider une institution financière historique. Elle s’insère également sur son Plan stratégique impulse 2028 impulsé. Grâce à ce renforcement de ses fonds propres, la BCB entend poursuivre sa dynamique de croissance, développer des solutions innovantes et améliorer continuellement la qualité de ses services afin de mieux répondre aux besoins de sa clientèle.

L’origine de la BCB remonte, en effet, à avril 1988, sous le nom de Banque arabe libyenne du Burkina (BALIB), fruit d’un partenariat entre l’État burkinabè et la Jamahiriya arabe libyenne, représentée par la Libyan Foreign Bank (LFB). L’actionnariat était alors réparti à parts égales entre la partie libyenne (50 %) et l’État burkinabè (50 %), ce dernier intervenant à travers le Fonds burkinabè pour le développement économique et social (FBDES) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à hauteur de 25 % chacun. Le siège de la banque avait été inauguré en personne par le colonel Mouammar Kadhafi en 2003.

Une tentative avortée d’ouverture du capital en 2018

En 2018, dans le cadre de son plan stratégique 2018-2022, la BCB avait tenté d’ouvrir 40 % de son capital à un partenaire stratégique de référence, pour un montant alors estimé à environ 7 milliards FCFA.

L’objectif affiché était d’intégrer un réseau bancaire susceptible d’apporter une assistance technique en matière de systèmes d’information et de gestion des risques.

Faute de soutien suffisant de son partenaire libyen, l’État burkinabè a dénoncé, le 12 décembre 2023, la convention portant création de la banque. Le communiqué officiel évoquait alors des difficultés persistantes empêchant la BCB de se conformer aux exigences réglementaires nationales et sous-régionales, malgré sept opérations de recapitalisation totalisant 50 milliards FCFA depuis 1988 et des dépôts à terme de 177 milliards FCFA consentis par des sociétés d’État au 31 décembre 2023.

Cette rupture a débouché, lors du Conseil des ministres du 22 mai 2024, sur l’annonce de la nationalisation complète de la banque. Le ministre de l’Économie, Aboubakar Nacanabo, avait alors présenté l’opération comme une occasion de réorganiser et de revitaliser la banque.

Une consolidation financière attendue

L’augmentation du capital à 54 milliards FCFA constitue ainsi le prolongement logique de cette nationalisation, visant à doter la BCB d’une assise financière plus solide pour répondre aux exigences réglementaires du secteur bancaire sous-régional.

La banque affiche désormais des ambitions renouvelées, se présentant comme une institution « innovante, performante et engagée au service du développement du Burkina Faso ».

Par Léon Yougbaré

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