Le gouvernement kényan a désigné la Société financière africaine (AFC) et la Banque du Commerce et du Développement (TDB) pour structurer le financement de l’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA), un projet estimé à 1,2 milliard de dollars destiné à renforcer les capacités de la principale plateforme aéroportuaire d’Afrique de l’Est.
Selon le ministre des Transports, Davis Chirchir, l’opération sera financée à partir des revenus générés par les aéroports du pays, tandis que l’AFC et la TDB auront pour mission de mobiliser des ressources auprès des institutions de financement du développement et des banques commerciales.
Le coût du projet est évalué à 154,2 milliards de shillings kényans, soit environ 1,19 milliard de dollars. Les travaux devraient s’étendre sur une période de trois ans.
L’extension prévoit la construction d’un nouveau terminal passagers ainsi que la réhabilitation des infrastructures existantes, notamment les pistes et les aires de stationnement des aéronefs. À terme, la capacité annuelle de l’aéroport devrait passer de 7,5 millions à 22 millions de passagers.
Le projet intervient après l’abandon, en 2024, d’un précédent programme de modernisation confié au groupe indien Adani. Les autorités kényanes avaient annulé l’accord de concession à la suite de procédures judiciaires impliquant le fondateur du groupe aux États-Unis.
Depuis cette décision, le gouvernement a engagé un nouveau processus de sélection pour la réalisation du projet. Davis Chirchir a indiqué qu’un appel d’offres international compétitif avait été mené à son terme, sans toutefois confirmer les informations attribuant le marché de construction à China Communications Construction Company.
Cette modernisation s’inscrit dans un contexte de concurrence croissante entre les principaux hubs aériens de la région. L’Éthiopie et le Rwanda poursuivent en effet d’importants investissements dans leurs infrastructures aéroportuaires afin d’attirer davantage de compagnies aériennes, de voyageurs et d’opérateurs logistiques.
Le recours à un modèle de financement associant revenus aéroportuaires, capitaux privés et financements du développement traduit également la recherche de solutions alternatives pour financer les infrastructures stratégiques. Confronté à une hausse de sa dette publique, le Kenya cherche à limiter le recours à l’endettement souverain tout en poursuivant ses investissements structurants.
Une fois achevé, le projet devrait améliorer la connectivité régionale, soutenir le développement du tourisme et du commerce, et consolider la position de Nairobi comme l’un des principaux centres aéronautiques et commerciaux du continent africain.
Par Drissa Ouattara


